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24/3/2021
Isabel Guth : « Une autre vie m’attend »
Il y a quelques mois, en juillet 2020, Isabel Guth, assistante paroissiale à Walcourt et maman de 4 enfants, fait un double AVC. S’ensuit une longue rééducation, un chemin pour réapprendre à marcher… mais, aussi, un chemin de foi. Elle témoigne de la présence du Seigneur auprès d’elle, malgré les difficultés.
Le soir du 23 juillet, Isabel n’arrivait pas à s’endormir : elle sentait un engourdissement du côté droit de son corps, puis une douleur diffuse dans le corps entier. Au début, elle pense que c’est dû à la fatigue, ensuite à une névralgie, mais d’un coup, en pleine nuit, la douleur devient intense. Elle est seule à la maison et ses 4 enfants dorment profondément. Elle s’adresse à Padre Pio et prie très fort en attendant le
réveil. À 6h du matin, elle réveille sa fille ainée. Qui appeler si tôt le matin pour demander de l’aide ? « Le curé, il se réveille tôt pour ses prières ! » et voilà que sa fille appelle l’abbé Hadelin de Lovinfosse, qui s’empresse pour l’amener aux urgences à l’hôpital Marie Curie.
Après 3 IRM, les médecins sont incrédules. Après un AVC du bulbe rachidien, attaqué à droite et à gauche, son corps entier devrait être paralysé… mais Isabel s’en sort ‘bien’ : uniquement son côté droit est paralysé et elle a des difficultés à parler. Pour faire résorber un caillot de sang, on lui donne des produits pour faire fluidifier celui-ci, mais, une artère est ouverte et si elle se met à saigner fortement, elle risque de ne pas y survivre… Heureusement, elle ne saigne pas. Elle passe plusieurs jours aux soins intensifs. Ses enfants, anxieux au début, ont très vite trouvé une paix intérieure, persuadés que Dieu était là avec eux. Le médecin leur explique que leur maman pourra peut-être faire quelque pas dans 6 mois… Isabel, bien décidée à se remettre sur pied au plus vite, commence déjà à remarcher après 1 semaine ! « J’ai appris à remarcher avec Dieu, vraiment ! ‘Dieu’ c’était le nom de famille de mon kiné, quel beau clin d’œil ! ». Elle a un seul objectif : retrouver une certaine autonomie assez rapidement afin de pouvoir retourner auprès de ses enfants. Néanmoins, il faudra un peu de patience et rester dans un centre de rééducation. « Vous êtes un miracle, mais le miracle n’est pas fini » a dit son médecin. En route pour le centre de rééducation Léonard de Vinci. Un été dans une chambre d’hôpital, avec la canicule et les règles de la Covid-19 ; toujours masqués, 1 seul enfant à la fois… Rien de très réjouissant. Et pourtant, elle ressent une grande paix. À travers plusieurs discussions, elle témoigne de sa foi. Nombreux sont les autres patients et membres du personnel soignant qui lui demandent où elle trouve sa force. « La force vient de Dieu » leur répond-elle. Son ergothérapeute est protestant et il lui propose de faire une prière ensemble avant chaque séance ; elle y puise de la force pour bien faire ses exercices. Elle a aussi de nombreux échanges avec un étudiant en neurologie ; il est musulman, et ensemble, ils prient pour le personnel soignant.
Un jour où tout était plus difficile, elle ressent un besoin profond, une soif de Dieu extrême ; elle aimerait tellement aller adorer le Saint Sacrement, mais c’est impossible… Quelques heures plus tard, un diacre fait apparition dans sa chambre : « J’ai pensé que recevoir Jésus vous ferait du bien. » Dieu a ainsi répondu à sa demande. Durant son séjour, elle a reçu plusieurs fois le sacrement des malades et l’Eucharistie, c’était très important pour elle. Ses voisines de chambre son interpellées par sa vie spirituelle, par son espoir ; sa foi lui donne un autre regard sur le long chemin de la rééducation. (Évidemment, ce n’est pas toujours tout rose, il y a des jours où le sourire est absent…)
Aujourd’hui, quelques mois plus tard, on ne voit pas physiquement qu’elle n’est pas en pleine forme. Pourtant, la douleur et la fatigue sont bien là. « Je dois regarder en avant, faire le deuil de la personne que j’étais, une autre vie m’attend. Ma vie est maintenant différente, mais aussi plus riche. Cette épreuve m’a permis d’approfondir ma foi ; chaque cellule de mon corps aime Dieu et j’ai encore plus envie de partager cet amour pour le Seigneur avec les autres ». Avant son AVC, Isabel était déjà active dans la pastorale des malades. Maintenant, elle prend encore davantage le temps pour téléphoner aux autres patients.
Pour ses enfants aussi, cet événement a influencé leurs opinions : « maintenant, ils sont tous engagés dans l’église, ils m’accompagnent à la messe alors que, étant adolescents, ce n’était plus si évident. On s’est tous rapproché de Dieu et de nous : notre amour, notre empathie, notre humilité, tout cela a grandi. » raconte Isabel.
Assistante paroissiale et formée en théologie pastorale, elle n’est pourtant pas née chrétienne. C’est seulement vers l’âge de 15 ans qu’elle apprend à connaître Jésus. Une fois que cette conviction est mieux ancrée, elle n’a qu’une envie : partager ce trésor qu’est la foi avec un maximum de personnes. Elle se sent appelée à se mettre au service de Dieu et à Lui faire confiance. Confiance qu’elle n’a pas perdue : « Dieu vient à nous et répond à sa manière à nos demandes ».

Véronique Joos
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