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A Namur, le chapitre cathédral existe depuis 1047

  

Les chapitres cathédraux (attachés à l'église cathédrale) ou collégiaux (attachés à une église collégiale) trouvent leur origine dès le IVe siècle. Des évêques désiraient rassembler autour d'eux des prêtres en une communauté menant avec lui une vie commune de prière et de ministère. Une vie à l'image de la vie commune des premiers chrétiens décrite dans les Actes des Apôtres. Ainsi, saint Augustin, évêque d'Hippone en Afrique du Nord, s'est entouré d'une communauté de prêtres, priant avec lui et partageant son ministère auprès des fidèles. Beaucoup d'autres évêques ont suivi son exemple et ont fondé, autour d'eux, de petites communautés de prêtres, partageant donc leur vie entre la prière commune et l'apostolat. Ils suivaient une règle quasi monastique. Des règles (en latin canones) ont été instituées, d'où le nom de canonicus (terme latin d'où dérive le mot français chanoine), donné aux membres de ces communautés: les chanoines étaient ces prêtres vivant la vie commune autour de l'évêque.
 Vers le haut Moyen Age, c'est surtout saint Chrodegand, évêque de Metz, qui a fixé des règles pour les chanoines. Elles s'inspiraient de règles monastiques, spécialement de la règle de saint Benoît. Bien que vivant en communauté et groupés pour la prière commune, les chanoines n'étaient pas astreints par les vœux monastiques de pauvreté et d'obéissance. 
Certains chapitres se sont sécularisés: ils ont mis fin à la vie communautaire ne gardant que l'office commun. La tradition de la vie communautaire ne s'est maintenue que chez les chanoines dits “réguliers”, comme les chanoines de Saint Maurice et du Latran. Certains ordres religieux, comme celui des Prémontrés, fondés par saint Norbert, ont conservé dans leurs règles beaucoup d'éléments de la vie commune, autour d'un supérieur, le “Père Abbé”. Ils prennent souvent la charge de paroisses, sous l'autorité de l'évêque du lieu. Quant aux autres chanoines, dits “séculiers”, ils se réunissent autour des cathédrales ou de grandes églises comme les collégiales, dans lesquelles ils assurent la permanence de la prière commune de l'office divin, entourant la célébration de l'Eucharistie. 
Dans nos pays, depuis la Révolution française, il n'existe plus de chapitres de chanoines que dans les églises cathédrales, où ils s'acquittent, en commun, de l'office divin et de la célébration de l'Eucharistie.

Des chanoines: pour quoi faire? 
La création du Chapitre de Namur remonterait à 1047. C’est le Comte Albert II de Namur qui l'a créé pour la collégiale dédiée à Saint Aubain. Le premier doyen du Chapitre, Frédéric de Lorraine, ancien archidiacre de Liège, s'est ainsi rendu à Mayence d'où il a ramené une relique de ce célèbre martyr du Ve siècle. Elevé au cardinalat, il a été élu pape le 2 août 1057 sous le nom d’Etienne IX. Il est mort à Florence le 29 mars 1058.

En 1559, le diocèse de Namur était créé: l’ancienne Collégiale devenait Cathédrale en 1560; avant d'être remplacée par l’actuel édifice dont la première pierre était posée en 1751. Au temps de la Révolution française, le Chapitre a d'abord été dispersé avant d'être supprimé en 1797. Cinq ans plus tard, en 1802, il était rétabli définitivement. Le Chapitre des chanoines, cathédral ou collégial, est le collège des prêtres auxquels il revient d’accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l’église cathédrale ou collégiale; il revient au Chapitre cathédral de remplir les fonctions qui lui sont confiées par le droit ou l’évêque diocésain" (Code de droit canonique, n° 503). Les chanoines assistent l’évêque lors des célébrations des grandes fêtes et peuvent aussi avoir un rôle de conseillers de l’évêque.

La tenue des chanoines
Traditionnellement à Namur, le Chapitre se compose de 12 chanoines titulaires, nommés par l’évêque et est présidé par le doyen du Chapitre, qui "installe" les nouveaux chanoines. A Namur et à Bruges une paroisse est jointe à la cathédrale, et le curé en porte le titre d’archiprêtre. L’habit des chanoines se compose d’un rochet et d’un camail de soie noire bordé d’une ganse rouge. Depuis 1888, le Pape Léon XIII autorise les chanoines de Namur à porter une croix pectorale d’argent doré avec un médaillon portant d’un côté l’image de l’Immaculée Conception, protectrice de la ville de Namur et de l’autre celle de saint Aubain. Cette croix a une caractéristique peut-être unique: c’est une croix patriarcale, dite de Jérusalem, avec une double barre transversale, comme celle qui surplombe la coupole; elle rappelle que le trésor possède une relique de la vraie Croix, donnée en 1205 par le Comte Philippe le Noble, frère de l’Empereur Henri de Constantinople. En hiver les chanoines peuvent porter une grande cape noire bordée de velours rouge, avec une fourrure blanche à raies noires. Mais l’essentiel, c’est qu’ils assurent la prière liturgique!

Les offices des chanoines
Le pape Jean-Paul II a invité les laïcs chrétiens à redécouvrir, entre autres, la prière liturgique des Heures, les Laudes matinales et les Vêpres. Tous les fidèles qui le peuvent sont donc conviés à assister aux vêpres chantées tous les dimanches à 18h. Dans le chœur des chanoines: des livrets sont à leur disposition, avec les psaumes en français et les antiennes latines en grégorien; c’est une manière chrétienne de terminer le dimanche. Aux grandes fêtes, elles sont chantées à 17h30. A 10h, tous les dimanches, est chantée la grand-messe qui est à la fois celle du chapitre et de la paroisse. Une messe en grégorien (avec l’office de Tierce) est chantée à 9h tous les mercredis (ainsi que les vendredis en Avent et en Carême). L’Office divin est donc bien comme un écrin entourant l’Eucharistie.

 

 Composition