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22/9/2022
MISSIO
Être témoin du Christ : un mandat à accomplir, une mission à vivre
Nous sommes bientôt en octobre. Peut-être savez-vous déjà que le mois d'octobre est consacré à la mission ! Missio Belgique nous présente ici ce que cela signifie et représente.
Le slogan du mois de la Mission universelle de cette année « Vous serez mes témoins » souligne la centralité du témoignage chrétien. Il fait référence au dernier dialogue du Ressuscité avec ses disciples. Il leur dit « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Act 1:8). Il ne s’agit pas d’un souhait. Témoigner de ce qu’ils ont vu est un mandat à accomplir, une mission à vivre. C’est leur mission primordiale.

L’Église, une communauté de témoins
Le pape François, s’adressant aux jeunes, souligne que « l'Église sans le témoignage, n’est que du vent » parce que « là où il n’y a pas de témoignage, il n’y a pas l’Esprit-Saint » (14 aout 2018). Et il ajoute, dans son message pour la Journée missionnaire mondiale 2022 : « l’Église, communauté des disciples du Christ, n’a d’autre mission que celle d’évangéliser le monde en témoignant du Christ. L’identité de l’Église est d’évangéliser ».

Grandir à travers le témoignage
L’Église est née de la passion des disciples pour la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ. Leur joie de revoir le ressuscité ne pouvait pas être dissimulée. Elle remplissait leurs cœurs et déterminait leur vécu quotidien. Témoignant de leur rencontre avec le ressuscité, les disciples d’Emmaüs s’exclament : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? » (Lc 24,32). L’Église est née, grandit et vit du témoignage. Le pape Paul VI écrit : « Celui qui a été évangélisé évangélise à son tour. C’est là le test de vérité : il est impensable qu’un homme ait accueilli la Parole … sans devenir quelqu’un qui témoigne et annonce à son tour » (Evangelii Nuntiandi 5,24). Jésus dit « Celui qui croit en moi, couleront de son sein des fleuves d’eau vive » (Jean 7, 38).

Un nouvel horizon missionnaire
Même si l’expérience des disciples à Jérusalem fut désagréable, elle a mûri leur foi. Ils ont vu une grande foule venir à la rencontre de Jésus en criant « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Jn 12,12). Ce moment de gloire céda cependant place à l’agonie au jardin des oliviers et à la mort sur la croix. Certains disciples s’enfuirent, et Pierre, le plus âgé et sage, nia son maître trois fois. Déçus et découragés, ils perdirent tout sens d’orientation. Leur avenir était incertain. Leur rencontre avec le ressuscité leur donna une nouvelle vie et un nouvel horizon, l’horizon missionnaire. Leur peur se dissipa et céda place au courage du martyr. Ils comprirent vite que suivre le Christ est avant tout un appel à marcher à sa suite et à devenir l’écho de l’évènement de Jérusalem. Témoigner c’est se mettre en route vers l’autre, l’inconnu. « Sortons, sortons », dit le pape François, « pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ » (Evangelii Gaudium, no. 49).

S’affranchir des barrières
Il ne fallait cependant pas limiter leur témoignage à Jérusalem, le centre du monde selon la tradition juive. Leur message devait atteindre les périphéries. Car être missionnaire, c'est être prêt à tout partager : ta personne, ta culture, ton histoire. Sans cette mentalité de partage, le message ne serait resté qu’à Jérusalem, au centre. C’est pourquoi les disciples durent franchir toutes les barrières religieuses, géographiques, culturelles, politiques, etc. pour annoncer la Bonne Nouvelle, comme ce fut notamment le cas en Samarie. Ils durent faire preuve d’humilité face aux remises en question, et d’abandon à la grâce divine pour que leur message porte du fruit.

Fraternité universelle
Cet appel à être une Église en sortie, qui porte la Bonne Nouvelle aux quatre coins du monde, est également d’actualité pour chaque baptisé.e, comme le rappelle le pape François dans Evangelii Gaudium (49). L’ordre d’aller jusqu'aux extrémités de la terre exprime en effet l’exigence d’universalité de la mission, car Jésus est venu pour tous, sans exclusion. Le Concile Vatican II le souligne en ces termes : « en vertu de la mission qui est la sienne, d’éclairer l’univers entier par le message évangélique et de réunir en un seul Esprit tous les Hommes, à quelque nation, race, ou culture qu’ils appartiennent, l’Église apparaît comme le signe de cette fraternité qui rend possible un dialogue loyal et le renforce » (Gaudium et Spes 92).

Relation avec Dieu
Un témoignage aussi fort ne peut être apporté que si l’on a une relation profonde avec Dieu. Une rencontre entre le disciple et le maître est nécessaire avant l’entrée en mission, comme en témoigne la vie de Jésus, qui commençait toujours ses journées missionnaires en se retirant d’abord pour prier son Père. Après la prière, il allait alors vers les gens, exprimant sa solidarité et sa compassion. On voit donc que Jésus ne s’éloigne pas de la souffrance des gens, elle ne le laisse pas indifférent. Ses yeux, ses oreilles et ses mains ont toujours porté leur attention sur l’histoire des gens, sur leur souffrance, leur espoir et leur peur. C’est pourquoi, en tant qu’Église, nous devons « connaître et comprendre le monde dans lequel nous vivons, avec ses attentes, ses idéaux et ses traits souvent dramatiques » (Gaudium et Spes 4). C’est alors seulement que nous pourrons agir ou réagir de manière appropriée.

Le témoignage en actes
Pauline Jaricot comprit profondément cette méthodologie du Christ. Son amour pour la
prière ne l’éloigna pas de la réalité du monde et de ses souffrances. Il la rendit plutôt plus
attentive et proche des malades, des enfants rejetés, des prostituées, etc… Animée par une
foi ardente et un zèle missionnaire, Pauline comprit vite que la vraie prière s’accomplit dans
l’action et la solidarité avec les nécessiteux. Pour elle, « l’amour de Dieu donne du prix aux
moindres actions. Mais les plus belles actions sans amour sont sans beauté et sans vie » (J.
Servel, Un autre visage. Textes inédits de Pauline Jaricot, Ed. du Chalet, Lyon, 1962,p.126).
La vie et l’engagement de Pauline continuent aujourd’hui encore d’inspirer Missio, à travers
ses deux piliers que sont la prière et la solidarité.
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