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16/5/2017
L'abbé Stréber court pour offrir des vaches aux femmes haïtiennes
Il court, il court l'abbé Fernand Stréber... La première fois qu'il a foulé le bitume, il était tout jeune séminariste et tentait de combattre les insomnies. Et depuis, il continue tout simplement parce que la course est devenue indispensable à son bien-être. Mais pas seulement, l'abbé Stréber prêtre auxiliaire dans les secteurs pastoraux de Rochefort et Haversin, aumônier régional francophone des prisons court pour la bonne cause. Le 28 mai prochain, il sera au départ des 20 km de Bruxelles avec une équipe d'Entraide et Fraternité. Il lui reste encore quelques jours pour atteindre son objectif: récolter un maximum d'euros pour offrir des vaches à des femmes de Haïti.
''Quand je cours, je me sens bien. Et depuis que j'ai appris à courir, j'ai même l'impression que j'ai rajeuni de 10 ans!'' L'abbé Fernand Stréber se souvient bien de ses premiers joggings - 30 minutes de course le long de la Sambre - : ''J'étais séminariste et j'avais beaucoup de mal à dormir. La ligne de chemin de fer n'était pas très loin et puis il y avait la gare de formation de Ronet. Jusque-là, je vivais à la campagne et je n'avais jamais été habitué à dormir dans le bruit! Je me suis dit que pour arriver à dormir, je devais me fatiguer. Alors, j'ai décidé de courir un jour sur deux. A cette époque-là ceux qui couraient étaient un peu considérés comme des sots.'' Qu'importe, l'abbé Stréber sent que la course peut l'aider. ''J'ai continué après mon ordination. Et même si cela faisait jaser, je ne me suis pas gêné, je ne vois vraiment pas à qui je faisais du tort.''
Et lorsqu'en 1990, les problèmes de sommeil refont surface, l'abbé Stréber décide... d'augmenter la distance. ''Je venais d'arriver comme curé en Gaume et on m'a demandé de participer à une course relais entre Bruxelles et Arlon. C'était, pour moi, une manière de mieux m'intégrer encore dans la paroisse. Je suis rentré mort!''

La mascotte du club
L'abbé Stréber persévère et décide de s'inscrire aux 20 km de Bruxelles: ''Le départ est à 15h. Je peux ainsi célébrer la messe le matin et puis rejoindre Bruxelles.'' C'est encore à cette époque que l'abbé joggeur se rend compte qu'il court certes mais qu'il court mal. Alors, sur les conseils d'un autre joggeur, il s'inscrit dans un club de Ciney. ''J'avais alors 50 ans et j'étais aumônier à la prison de Namur. Lorsque je sortais de la prison, je filais au club et le fait de courir m'aidait à décompresser.'' Et de poursuivre: ''Pour moi, jusqu'à ce que je fréquente le club, je pensais que courir était inné: je me trompais. Je ne m'échauffais pas, par exemple.'' Avec un coach, il acquiert une technique met à son programme les fractionnés alternant la course et le repos. ''Aujourd'hui, je suis dans les plus lents. Je suis un peu la mascotte du club cela tient non seulement au fait que je suis dans les plus vieux mais aussi de part ma fonction.''
L'abbé Stréber prend toujours autant de plaisir à digérer les kilomètres et tant pis si pour courir, il doit se lever très tôt. Le jour de Pâques, il s'est levé à 6h du matin pour aller courir avant de se préparer à la célébration. Il n'est pas exceptionnel de le croiser sur les routes qui relient ses paroisses. ''Quand je cours, je me sens bien. Je pense, je prie, je réfléchis. Et il m'arrive régulièrement de trouver des solutions aux problèmes qui sont les miens. Je n'écoute jamais de musique je préfère écouter la nature.''

Des vaches pour Haïti
Pour continuer la course à pied, l'abbé athlète met toutes les chances de son côté. Il veille ainsi sur son alimentation. ''Je suis vigilant de nature: je mange ce qui vient de mon jardin. Mais ce n'est pas tout. Bien sûr, je ne fume pas. Mais je ne bois ni vin, ni d'alcool ni encore de café.''
Les quatre ''petits'' kilomètres du départ ne constituent plus aujourd'hui qu'un échauffement. L'abbé Stréber a déjà couru, treize ou quatorze fois - il ne sait plus - de marathons. ''Cela reste ma course de prédilection.''
D'ici quelques jours, ce sera le 28 mai, il sera pour la 20eme fois au départ des 20 km de Bruxelles! Motivé plus que jamais, il court pour Haïti. Lui le fils de paysan qui sait ce que cela signifie s'occuper de vaches, de les traire sait aussi combien ces animaux peuvent apporter dans la subsistance des familles. L'abbé Stréber se fait donc parrainer. Avec 370 euros, une vache peut être achetée et offerte à une femme de Haïti. Pour le moment, il a récolté près de 900 euros et espère franchir, pourquoi pas avec votre aide, le cap des 1000 euros. Ces vaches aideront les femmes à se prendre en charge elle et leur famille.
On l'aura compris, ce n'est pas demain que l'abbé Stréber va raccrocher ses chaussures de course. Outre le bien-être physique, cette solidarité le pousse, le motive. Le 28 mai, il restera vigilant et se méfiera des ''touristes'' entendez par là ceux qui ne découvrent le jogging et n'arrivent pas à courir droit! Il montrera une fois encore que le terrain accidenté de Bruxelles ne lui fait pas peur. ''Quand on habite Bruxelles, on voit des bosses partout. Pour moi qui court dans un terrain vallonné, ce n'est rien du tout...''
Christine Bolinne

https://agir.entraide.be/projects/2-vaches-pour-les-haitiennes
Photos: sportograf.com
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