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Auteur
Christine Bolinne Auteure
Date
1 avril 2026
Catégories
Cathédrale
Type
Port du casque pour tout le monde ! Semaine Sainte à la cathédrale de Namur
Port du casque obligatoire ! Une inscription qui vient d’être accrochée sur les portes de la cathédrale Saint-Aubain ! Ce sera juste avant la réouverture, le 2 avril. D’ici-là, c’est l’effervescence. Reste peu de temps pour tout mettre en place : prévoir les casques de chantier qui coifferont la tête des fidèles mais aussi celle des célébrants. Avec la semaine sainte et la présence de l’évêque, il a aussi fallu prévoir un casque-mitre. Les chanoines auront, eux, leur casque-barrette.
Durant ces derniers jours, si vous êtes passés par la place Saint-Aubain, la présence d’un imposant élévateur ne vous aura pas échappé. Une machine super puissante qui a emmené à 40 mètres de haut une nacelle. A son bord, deux techniciens chargés de brosser, de haut en bas, la façade. Un travail titanesque. Un brossage à sec permettant de faire tomber les plus petites pierres. Toutes celles de la taille de la pierre tombée en février dernier (17×8 cm) ont été retirées. Les pierres plus volumineuses qui ne présentent pas un risque immédiat de chute sont toujours en place. Les arbustes qui poussaient à plusieurs endroits de la façade ont été tronçonnés.
Ces travaux de peignage, c’est le terme technique, ont pu démarrer très rapidement et se dérouler en un temps record. L’objectif étant une réouverture de la cathédrale Saint-Aubain pour le 1er avril, jour de la messe chrismale. Une célébration durant laquelle les huiles utilisées par les prêtres pour les sacrements reçoivent la bénédiction de l’évêque. Il est très vite apparu que ce chantier de peignage ne serait pas terminé pour ce mercredi. La décision a été prise de jouer la carte de la sécurité en choisissant un autre lieu. C’est ainsi que les huiles, les amphores… ont quitté Namur pour l’église Saint-Nicolas à Habay-la-Neuve où la messe chrismale aura lieu, ce mercredi, à 18h.
Casque pour tout le monde
La cathédrale ouvrira de nouveau ses portes ce 2 avril avec le début du Triduum pascal. Dans un premier temps, la cathédrale ne sera accessible que pour les célébrations. Une raison à cela : malgré le peignage, tout risque de chute de pierre n’est pas encore totalement écarté. Dans un second temps, des auvents doivent être réalisés puis installés au-dessus de chaque porte. Les fidèles protégés par ce portique qui s’avancera jusqu’au centre du parvis pourront alors accéder à l’édifice en totale sécurité. La réalisation des auvents va demander un peu de temps.
Alors, en attendant et pour permettre à chacun de vivre ces prochains jours dans la cathédrale, une solution a été trouvée. Chacun devra porter un casque ! Les fidèles sont invités à se présenter une dizaine de minutes avant chaque célébration. Ils recevront, avant la montée des marches vers la cathédrale, un casque comme ceux portés sur les chantiers. C’est la couleur blanche qui a été choisie. A la sortie, ils remettront le casque à des bénévoles. Il a fallu prévoir 800 casques, les jours qui précèdent Pâques attirent toujours beaucoup de monde.
Trouver des casques de chantier a été relativement aisé et ce malgré le nombre important. Le casque conçu pour l’évêque a demandé plus de recherches puis de travail. Priorité : le casque devait avoir la forme d’une mitre. Il est donc assez haut sans être arrondi au sommet. Par contre on retrouve les deux pans de forme triangulaire. Cette particularité a amené un autre problème aujourd’hui, heureusement, solutionné. Pour permettre les faces triangulaires, la partie centrale du casque a été retirée. La destination première du casque : protéger la tête de Mgr Lejeusne n’était plus assurée. Donc c’est la calotte qui se trouve sous le casque qui a été renforcée par une plaque de kevlar. Ce casque-mitre a été réalisé en violet et en blanc, les deux couleurs liturgiques de ce temps pascal. Pour les chanoines, c’est le noir qui a été choisi pour le casque-barrette.
A l’issue du chantier, il est prévu de mettre en vente ces casques. L’argent récolté sera le bienvenu dans le cadre de cette restauration. Le casque-mitre pourrait tout particulièrement intéresser les collectionneurs.
Christine Bolinne
Photos : Quentin Denoyelle