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Auteur
Christine Bolinne Auteure
Date
7 septembre 2026
Catégories
Cathédrale
Fabriques d'églises
Patrimoine
Type
Ils ont inventorié le patrimoine mobilier de la cathédrale : plus de 600 pièces
Anissa et Yvan ont terminé leur travail de jobiste à la cathédrale Saint-Aubain. Ils auront consacré tout le mois d’août à la réalisation d’un inventaire du patrimoine mobilier. Un travail ardu, long mais tellement nécessaire. Eux qui viennent de terminer leurs études en histoire de l’art ont vu passer entre leurs mains des pièces d’orfèvrerie, des textiles… Un bonheur pour les historiens.
Le CIPAR, le Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux a la volonté de sauvegarder et de valoriser le patrimoine des églises de Wallonie. La sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine passent par la réalisation d’un inventaire. Le décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles est venu mettre la pression dans les Fabriques d’église sur l’importance de mener ce travail. La FWB rappelant son objectif de protéger le patrimoine culturel mobilier avec une attention particulière pour le mobilier religieux.
A la cathédrale, l’inventaire qui a eu lieu cet été a démarré dans la sacristie de l’évêque où beaucoup de vêtements liturgiques sont stockés. Tout a été sorti et trié. Les vêtements comme les linges liturgiques sans intérêt ou encore abîmés ont été écartés. Et puis il y a les coups de cœur. Anissa et Yvan ont été séduits par cette chape (voir photo). Elle a été confectionnée dans un très beau tissu sans oublier un travail de broderie important avec, dans le dos, un Christ. Des broderies tout en finesse qui, en y regardant de plus près ont mal supporté le temps qui est passé. Des sequins se sont détachés. Yvan et Anissa ont aussi repéré d’autres vêtements dont plusieurs cousus dans de la soie ou encore du velours et qui portent encore la signature de leur créateur. Pas une étiquette comme actuellement mais le nom calligraphié à l’encre.
Mesurer, photographier…
Pour chaque vêtement, chaque objet, et ce dans toutes les paroisses, la façon d’opérer est la même. Une manipulation tout en délicatesse avant la prise de mesure. Il s’agit ensuite de photographier la pièce, d’en donner une description et d’inscrire toutes les particularités relevées. Comme pour la chape, la large marque de décoloration provoquée par une trop longue exposition au soleil. La manipulation de l’orfèvrerie a elle exigé le port de gants. Le contact avec la peau pouvant entraîner des dégâts importants au calice, chandelier…
Toutes les informations collectées lors du relevé ont été inscrites dans un cahier avant d’être enregistrées dans un inventaire réalisé par l’IRPA il y a bien des années. Un inventaire en ligne. Il s’agit de vérifier que cet inventaire correspond toujours bien à la réalité d’aujourd’hui, de le compléter. Des biens peuvent avoir été prêtés à une paroisse et n’avoir jamais été restitués. Certains biens peuvent être passés entre les mailles du filet de l’inventaire. D’autres ont été, depuis, achetés… La mise à jour est donc indispensable. Un inventaire qui peut s’avérer bien précieux en cas de vol, par exemple. C’est une description précise – avec photo de qualité de la pièce – qui peut être fournie aux enquêteurs, mise sur les sites Internet spécialisés…
Cet inventaire a encore été l’occasion lors de la manipulation de dresser un état des lieux du bon voire du moins bon état des différentes pièces. Anissa : « Des tableaux sont abimés, troués. Ce sont les marques du temps. » La jeune historienne a aussi repéré des boiseries vermoulues. Tout est précieusement noté. Il s’agira de prévoir, éventuellement, une restauration.
Anissa et Yvan estiment qu’ ils ont inventorié près de 600 biens.
C.B.
