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Auteur
Thibauld Menke
Date
5 octobre 2026
Catégories
Jeunes
Vatican
Type
Visite du pape à Metz : le retour des jeunes du diocèse
Lundi 28 septembre, une vingtaine de jeunes de Namur et de Liège ont pris la route vers Metz pour assister à la visite du pape Léon XIV. Entre rencontres officielles, échanges directs avec leur évêque et ferveur populaire, ils racontent ce qu’ils retiennent de cette journée et ce qu’ils attendent de l’Église aujourd’hui.
Le rendez-vous était fixé tôt le matin. Lundi 28 septembre, une vingtaine de jeunes issus des diocèses de Namur et de Liège ont pris la route en covoiturage vers la Lorraine. Partis de Namur avant de faire étape à Arlon pour compléter les voitures, ils répondaient à l’invitation formulée dans le cadre des liens transfrontaliers de l’Euregio. Leur destination : Metz, dernière étape du voyage apostolique du pape Léon XIV en France, placée sous le signe de la paix et de la construction européenne.
La matinée s’est déroulée au Centre des congrès Robert Schuman. Dans un premier temps, le groupe a assisté à la rencontre interreligieuse en présence du Saint-Père et des représentants des différents cultes. Cet échange a été suivi d’une conférence consacrée à la paix et à l’unité du continent, où ils purent assister aux allocutions conjointes du souverain pontife et du président français Emmanuel Macron.
À midi, un apéritif dînatoire a permis aux évêques de retrouver les jeunes de la délégation. Mgr Fabien Lejeusne, évêque de Namur, a ainsi passé un moment avec eux pour échanger en toute simplicité, avant que le groupe ne rejoigne la foule rassemblée dans les rues messines.
Si les conditions d’accès n’ont pas permis aux jeunes d’entrer à l’intérieur de la cathédrale Saint-Étienne pour la messe où Mgr Lejeusne concélébrait, ils ont pu saluer le pape lors de son passage en papamobile au milieu de la foule.
Que retiennent-ils de cette journée ? Trois jeunes de la délégation partagent leur regard.
Dorian, baptisé cette année

J’ai été baptisé cette année après un an de catéchuménat. Le pape a été élu alors que je commençais tout juste mon parcours, il m’a donc en quelque sorte accompagné jusqu’au baptême. J’espérais vraiment qu’il s’adresse aux adultes qui font cette démarche. Dans notre entourage, demander le baptême suscite souvent de l’incompréhension ou de la surprise. Entendre le pape porter son attention sur notre réalité, nous dire d’assumer pleinement notre foi sans avoir peur, cela m’a profondément rassuré. On sentait qu’il comprenait ce que vit notre génération et la réalité d’aujourd’hui. Je suis reparti avec un vrai sentiment d’apaisement : je me suis senti compris et en paix. On a souvent collé à l’Église l’image d’une institution vieillissante. Pourtant, aujourd’hui, beaucoup de jeunes comme moi se tournent vers la foi, sans qu’on s’y attende. J’espère que les messages du pape adressé à l’église de France et aux jeunes générations fera écho. Nous avions besoin de se sentir unifiés et trouver un esprit de communauté fort comme l’a démontré la veillée des jeunes au stade de France. Beaucoup de jeunes s’interrogent sur la foi et la venue du pape nous a rappelé que nous n’étions pas seuls, que nous formions une grande communauté de croyants remplis d’espérance. Aux jeunes qui prient, qui croient et qui se questionnent, je les invite à oser affirmer leur foi, n’ayez pas peur et investissez vous pleinement car c’est bien sûr nous que repose l’avenir, soyons des disciples du Christ vivant.
Maxime, touché par l’appel à la paix

C’était marquant de voir le pape en vrai lors de la conférence interreligieuse . Deux points de son discours m’ont particulièrement touché. D’abord son rappel très ferme qu’on ne peut jamais commettre de crimes au nom de Dieu. Ensuite, son message sur la paix : il a rappelé comment la France et l’Allemagne, après s’être fait trois fois la guerre, ont réussi à bâtir une amitié solide. Cela a fait écho à l’Évangile de la messe qui invitait à tendre l’autre joue : celui qui se venge n’est pas plus fort que celui qui pardonne. J’ai aussi retenu ses mots sur la sacralité de la vie, du tout début jusqu’au dernier souffle, ainsi que son appel aux jeunes à ne pas avoir peur de l’avenir et à oser fonder une famille.
Pour la suite, j’espère que l’Église continuera de rassembler largement. À Metz, voir des chrétiens mais aussi des non-catholiques réunis autour du pape était un signal fort. L’Église de demain doit garder cette voix active dans la société, être un lieu de communion et porter sans détour un discours clair contre la guerre.
Éléonore, la proximité et le courage des convictions

J’avais déjà aperçu le pape François de loin au Luxembourg il y a deux ans, mais là, l’ambiance n’avait rien à voir. La salle du Centre Schuman était relativement intime. Au début, au début en présence des représentants des différents cultes, je me demandais un peu ce que nous faisions là ! Puis j’ai vu passer le pape à moins de deux mètres : c’était très impressionnant. Nous sommes vraiment reconnaissants envers le diocèse de nous avoir offert cette opportunité. Les paroles du pape m’ont profondément encouragée face aux incertitudes actuelles. Sa formule « Désarmez vos cœurs » m’a frappée : elle nous invite à stopper les guerres d’ego, dans le monde bien sûr, mais aussi tout simplement en famille ou au quotidien où l’on cherche parfois querelle pour rien.
Cette visite m’a rappelé que l’Église est bien vivante. Pour l’avenir, j’attends qu’elle reste fidèle à ses repères sans toujours chercher à s’aligner sur les modes ou les évolutions de la société. Entendre le pape tenir des positions fermes sur le respect de la vie, de son commencement à sa fin naturelle, cela fait du bien. En tant que jeunes catholiques, nous avons besoin d’une Église solide et cohérente, qui nous donne le courage d’assumer nos valeurs sans complexe.

Et maintenant ?
Entre le pardon exigé face à la violence, le courage d’assumer sa foi et l’envie de trouver des chrétiens qui se rassemblent vraiment, le message reçu à Metz est tout sauf tiède. Les jeunes de notre diocèse en reviennent avec des convictions claires : à nous, désormais, de leur donner les moyens de les vivre chez nous, au quotidien.