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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

9 octobre 2026

Catégories

Jeunes
Liturgie

Type

Actualités diocésaines

Ecclesia Cantic : « Que chacun reparte avec un désir d’unité dans l’Église »

À quelques heures de l’arrivée des chanteurs, Sophie Soleil, guitariste et responsable du contenu musical d’Ecclesia Cantic Belgique, répond à nos questions. Pas vraiment de stress, mais plutôt l’impatience de voir enfin prendre vie une aventure portée depuis un an par toute une équipe. Plus de 160 jeunes sont attendus ce week-end à Namur pour cette première édition belge : trois jours pour chanter, se former, prier et se rencontrer, avant un grand concert ouvert à tous, dimanche à 15h à l’église Saint-Nicolas.

« La foi est un oiseau qui sent la lumière et qui chante quand le jour n’est pas encore levé. » C’est cette phrase de Rabindranath Tagore que Sophie Soleil a choisie pour se présenter sur le site d’Ecclesia Cantic. « Elle reflète l’état d’esprit dans lequel je suis, la direction que je veux suivre en me mettant au service d’Ecclesia Cantic et, par-là, au service de l’Église. »

Ce week-end, cette image de l’oiseau qui chante avant même le lever du jour prendra une dimension toute particulière. Après un an de préparation, les premiers participants d’Ecclesia Cantic Belgique vont enfin arriver à Namur. Ils seront plus de 160, venus d’un peu partout en Belgique, principalement de Belgique francophone.

De Paris à Namur

Pour Sophie, tout a commencé lors de la précédente édition en 2025 à Paris : « J’avais vu des annonces sur les réseaux sociaux et j’étais désireuse de découvrir une formation à la musique liturgique solide et professionnelle. » Une proposition qui rejoint naturellement son parcours. Sophie joue de la guitare depuis l’âge de 6 ans et l’enseigne aujourd’hui dans les académies de Dinant, Godinne et Beauraing. Croyante et pratiquante, elle est engagée dans la paroisse Sainte-Julienne où elle a notamment été responsable des enfants de chœur durant douze ans. Étudiante, elle a également fait partie de l’équipe de jeunes qui, avec l’abbé Reginaldo Lugarezi, a relancé les messes étudiantes à Namur.

Pour cette première édition belge, elle ne sera pourtant pas derrière sa guitare. Responsable du contenu musical, elle coordonne les intervenants et veille au bon déroulement d’un programme qui mobilisera notamment 16 professeurs et quatre chefs de chœur professionnels.

Prier, rencontrer, se former

Pour Sophie, l’expérience Ecclesia Cantic repose sur trois piliers. La prière, d’abord, avec les offices et les célébrations qui rythmeront le week-end. La rencontre, ensuite : « La musique et le chant ont cet étrange pouvoir de transcender les différences, de rassembler au-delà de ce qui sépare. On forme un chœur. » Et enfin la formation, musicale, liturgique et théologique, assurée par des professionnels de la musique mais également par des personnes formées aux questions liturgiques et théologiques. Les participants pourront ainsi approfondir des sujets très différents : la place de la louange dans la liturgie, le corps dans la liturgie, les psaumes, le choix des chants pour la messe ou encore faire plus ample connaissance avec l’orgue.

Une exigence musicale qui ne signifie pas pour autant qu’il faille être un chanteur expérimenté pour trouver sa place. C’était même l’un des enseignements que Sophie et l’équipe souhaitaient tirer de l’expérience française : ouvrir davantage encore la proposition : un chœur a donc été spécialement créé pour les débutants. « C’était important que ceux qui n’ont jamais chanté puissent le faire sans angoisse, en sachant qu’ils ne seront pas jugés mais chaleureusement accueillis. » Et la proposition a trouvé son public : 22 débutants se sont inscrits.

Depuis plusieurs semaines, les participants ont accès aux partitions mais aussi à des enregistrements pour ceux qui ne lisent pas la musique. Ce week-end, les quatre chefs de chœur auront ensuite la tâche de faire de toutes ces voix… une seule.

Cette diversité ne concerne pas uniquement les niveaux musicaux. Elle est au cœur même du répertoire choisi. Grégorien, polyphonie, chants de Taizé ou de l’Emmanuel, musique classique, œuvres des XXe et XXIe siècles… les participants seront volontairement amenés à sortir de leurs habitudes. Le programme officiel du concert assume d’ailleurs cet éclectisme, avec le désir de faire entendre différentes époques et sensibilités dans une même louange. « Personne ne pourra être parfaitement à l’aise avec tout le répertoire », sourit Sophie. Et c’est précisément le but. Découvrir autre chose que ce que l’on connaît déjà, prier avec d’autres et parfois autrement.

Une désir d’unité dans l’Eglise

Car derrière la musique se dessine un enjeu qui tient particulièrement à cœur : l’unité.

« J’aimerais que les participants reviennent chez eux avec un désir d’unité dans l’Église. Qu’Ecclesia les amène à prier avec d’autres, et pas uniquement de la manière qu’ils préfèrent. Qu’ils soient formés à la liturgie dans un sens ecclésial, au service de l’unité et pas de la division. » Ecclesia Cantic veut ainsi faire se rencontrer et mettre en réseau ce qui existe déjà dans les paroisses, mouvements et communautés. Un « village des initiatives » offrira d’ailleurs aux participants un espace supplémentaire pour découvrir des propositions et nouer des contacts

Une expérience qu’elle a vécue de manière particulièrement forte tout récemment, en France, à l’occasion de la visite du pape Léon. Sophie faisait partie d’un ensemble réunissant 2.500 chanteurs, un orchestre symphonique, des groupes et des solistes. « Dans un espace aussi immense, le son met du temps à voyager. Impossible de se fier uniquement à ce que l’on entend autour de soi : il faut regarder le chef pour rester ensemble. Trois heures de répétition ont été nécessaires pour permettre à ces milliers de voix de ne former qu’un seul ensemble. « Il fallait arriver à se comprendre. »

Dimanche, tous invités à Saint-Nicolas

Le public pourra découvrir le résultat de cette aventure dimanche dès 15h à l’église Saint-Nicolas de Namur. Trois chœurs se succéderont avant un final réunissant l’ensemble des chanteurs, y compris le chœur des débutants avec un programme qui brassera volontairement les styles et une composition de Benoît Collet, écrite pour l’occasion, qui y sera également interprétée.

Le fil rouge du concert pourrait finalement tenir dans ces quelques mots empruntés à un psaume : « De tout votre art, soutenez l’ovation. »

Christine Gosselin

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