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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

12 octobre 2026

Catégories

Formation

Type

Actualités diocésaines

Rentrée pastorale à Beauraing : de la Parole aux actes

Plus de 300 acteurs pastoraux ont répondu, ce mardi 6 octobre, à l’invitation de Mgr Fabien Lejeusne pour sa première rentrée pastorale au Sanctuaire de Beauraing. Entre les enseignements bibliques du P. Jacques Nieuviarts, la présentation de l’audit mené ces derniers mois et celle d’une nouvelle organisation des services diocésains, une même question a traversé la journée : comment mieux nous mettre au service de la mission ? Les participants ont également découvert la première lettre pastorale de leur évêque qui trace désormais la route.

Il y avait du monde, beaucoup de monde, ce mardi matin dans l’église paroissiale de Beauraing mise à disposition par le doyen Pierre Renard. Plus de 300 prêtres, diacres, acteurs pastoraux et collaborateurs du diocèse avaient fait le déplacement pour cette rentrée pas tout à fait comme les autres : la première avec Mgr Fabien Lejeusne.

Un an presque jour pour jour après sa présentation au diocèse, l’évêque souhaitait que cette journée permette de « démarrer ensemble la vie de notre Église locale avec la mission d’annoncer l’Évangile ». Et avant de parler structures, organigramme ou orientations, c’est donc par la Parole que la journée a commencé.

« Va, je t’envoie »

Pour accompagner cette réflexion, Mgr Lejeusne avait invité le P. Jacques Nieuviarts, A.A, bibliste et  conseiller éditorial de « Prier l’Eglise », qui proposera deux enseignements au fil de la journée.

D’emblée, le P. Nieuviarts pose un préalable :  « Le mot « mission » est tellement utilisé dans l’Église qu’il risque parfois de perdre de sa force. Or, la mission n’est ni un concept ni une activité parmi d’autres. Pour comprendre ce qu’elle signifie, il faut d’abord regarder qui est ce Dieu qui envoie. Et pour cela, revenir à la Bible, qui sans cesse révèle Dieu et vient parfois corriger l’image que nous nous faisons de lui ».

Du buisson ardent à Moïse, des prophètes à Marie, le P. Nieuviarts parcourt ces récits bibliques dans lesquels Dieu voit une détresse, entend, est touché… puis appelle quelqu’un : « Va, je t’envoie. » Dieu n’intervient pas comme par magie dans l’histoire des hommes. Il choisit des hommes et des femmes pour agir avec lui. Derrière chaque vocation se trouve ainsi une urgence humaine à laquelle Dieu invite à répondre. D’où cette question adressée à chacun : quelle est aujourd’hui l’urgence de Dieu au regard de l’appel que j’ai reçu ?

L’après-midi, c’est vers Jésus que le bibliste tourne les regards. Un épisode de l’Évangile de Marc en dit beaucoup : devant la foule « comme des brebis sans berger », Jésus est saisi de compassion et se met à « l’enseigner ». Mais quand Jésus enseigne, il ne s’arrête jamais aux mots. La parole est accompagnée de gestes qui guérissent, relèvent, nourrissent et rendent l’homme à une vie pleine. Et lorsque la foule a faim, Jésus interpelle ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Enseigner, à la manière de Jésus, c’est donc joindre la parole à l’acte. Une invitation qui résonne singulièrement pour tous ceux qui, ce jour-là, étaient appelés à réfléchir à la mission de l’Église diocésaine.

Des forces à libérer

Car cette mission doit aussi pouvoir s’appuyer sur une organisation qui la serve. Mgr Lejeusne avait souhaité mieux connaître le diocèse dont il a reçu la charge. Parmi les démarches entreprises, un audit organisationnel et des ressources humaines a été confié au cabinet indépendant français Karism Conseil entre avril et juillet : analyse de documents, visites de terrain, une quarantaine d’entretiens individuels et un questionnaire adressé à 109 acteurs pastoraux – auquel 87 ont répondu – ont permis de dresser un état des lieux.

Le rapport souligne de nombreux atouts : l’engagement des prêtres, des acteurs pastoraux et des bénévoles, une collaboration féconde entre prêtres et laïcs, la vitalité des communautés, le rayonnement des sanctuaires et lieux de ressourcement ou encore la dynamique initiée par la démarche synodale. Mais il pointe aussi un défi : comment libérer toutes ces forces pour qu’elles soient moins absorbées par les structures et davantage tournées vers l’annonce de l’Évangile ?

Les recommandations portent notamment sur la définition de priorités pastorales claires, une meilleure transversalité, la clarification des responsabilités et de la gouvernance ou encore la mise en place de fondamentaux en matière de ressources humaines.

Trois pôles au service de la mission

Un premier fruit concret de cette réflexion a été présenté aux participants : un nouvel organigramme simplifié des services diocésains. « Ce n’est pas une carte du diocèse », précise le vicaire général, le chanoine Joël Rochette. Celle-ci est évidemment bien plus vaste et plus vivante qu’un schéma.

La nouvelle organisation veut surtout permettre de sortir d’un fonctionnement en silos et favoriser les liens entre services. Trois grands pôles missionnaires apparaissent désormais : Jeunesse et Éducation, Évangélisation et Diaconie. À leurs côtés, quatre fonctions de soutien – accompagnement, communication, affaires canoniques, temporel et économat – doivent fournir le cadre nécessaire à la mission.

L’image employée par le chanoine Rochette au cours de sa présentation est celle du métier à tisser : il faut un cadre pour permettre à la vitalité du diocèse de se déployer. Reste alors la vraie question : qu’allons-nous tisser ensemble ?

De la lettre pastorale aux pistes concrètes

En début d’après-midi, Mgr Lejeusne a présenté pour la première fois aux acteurs pastoraux sa lettre pastorale, intitulée « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ».

Après dix mois de rencontres et de découverte du diocèse, l’évêque y dessine les orientations qu’il souhaite donner aux trois prochaines années. Avec une conviction préalable : le renouvellement de l’Église ne commencera pas par son organisation, mais par la rencontre personnelle avec le Christ. Avant d’être envoyé, il faut être disciple.

De là découle l’appel à retrouver une véritable audace missionnaire, sans se laisser décourager par la sécularisation ou la diminution de la pratique religieuse, et à remettre au centre le kérygme, le cœur de la foi chrétienne. Une mission qui concerne tous les baptisés et qui suppose aussi de travailler à l’unité : familles, prêtres, diacres, religieux, acteurs pastoraux salariés et bénévoles ont chacun leur place.

Mais là encore, il ne s’agissait pas d’en rester aux mots. Répartis en petits groupes, les participants ont été invités à discerner les pistes concrètes qui permettraient de mettre ces orientations en œuvre dans leurs réalités respectives. Une manière de commencer, dès cette journée de rentrée, à passer de la lettre aux actes et de faire de ces orientations un projet porté ensemble.

La journée s’est ensuite prolongée à la basilique, où les acteurs pastoraux ont été rejoints par de nombreux paroissiens venus découvrir la lettre pastorale et célébrer autour de leur évêque. Un temps de prière vécu ensemble avant de poursuivre les échanges, plus informellement cette fois, autour du verre de l’amitié.

Au terme d’une journée riche en paroles, projets et perspectives, les mots entendus quelques heures plus tôt prennent alors tout leur sens : « Va, je t’envoie. » Mais aussi : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Car les organigrammes, audits et orientations n’auront finalement de sens que s’ils permettent à cette Parole de devenir acte. Et à toute une Église diocésaine de faire route ensemble.

Christine Gosselin

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