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Auteur
Christine Gosselin Auteure
Date
16 juin 2026
Catégories
Pastorale Interculturelle et des Migrants
Type
À Bomel (Namur), la diversité des cultures chante l’unité de l’Évangile
Ce dimanche 14 juin, l’église du Saint-Sacrement de Bomel a accueilli la 11e messe interculturelle du diocèse. Une célébration haute en couleur qui a réuni des communautés originaires du Cameroun, du Togo, du Congo, du Burundi, du Rwanda, de Madagascar, de Côte d’Ivoire, de l’Île Maurice, de La Réunion, du Vietnam et de bien d’autres horizons encore. Tous rassemblés autour d’une même foi, d’une même Parole et d’une même joie de se rencontrer.
« Bienvenue à chacun à cette 11e messe interculturelle », lance sœur Madeleine Bikeli. Aux côtés de l’abbé Anastas Sabwe, elle a souhaité rassembler les communautés présentes pour célébrer la richesse des cultures et l’unité de la foi. Un accueil simple et chaleureux qui donne immédiatement le ton. Ici, les différences ne séparent pas ; elles enrichissent. Elles deviennent une occasion de découverte, de partage et d’émerveillement.
« Nous allons voyager », renchérit l’abbé Anastas Sabwe, responsable de Missio et de la Pastorale des Migrants. « Voyager avec un mot, celui du Christ : aimer. » Un voyage sans avion ni passeport, mais un voyage du cœur qui permet de découvrir la richesse des cultures et des parcours de vie réunis ce jour-là dans l’église de Bomel.
Très vite, les chants prennent leur envol. Autour de la chorale de Bomel, les différentes chorales des communautés présentes mêlent leurs voix dans une magnifique symphonie. Les rythmes, les langues et les tonalités se répondent harmonieusement. Les rayons du soleil de cette belle après-midi estivale traversent les hautes fenêtres de l’église tandis que les chants remplissent l’espace d’une joie communicative. Certains battent discrètement la mesure, d’autres esquissent quelques pas de danse. La diversité devient musique.
Au moment de l’offertoire, les représentants des différentes communautés s’avancent pour déposer leurs dons au pied de l’autel. Un geste simple mais profondément symbolique : chacun apporte ce qu’il est, avec son histoire, sa culture et sa sensibilité, pour contribuer à construire une même Église.
La célébration est présidée par l’abbé Antoine Nguyen Thai Tai. Commentant l’Évangile du jour, il s’arrête sur cette invitation de Jésus adressée aux apôtres : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8).

Jésus envoie ses disciples vers une humanité blessée et parfois désorientée. Eux qui ont fait l’expérience de la miséricorde de Dieu sont invités à transmettre ce qu’ils ont reçu : l’amour, l’accueil, la lumière et l’espérance. « La logique de l’Évangile, rappelle le célébrant, est toujours de recevoir pour partager, jamais d’accumuler pour soi-même. »
L’abbé Antoine illustre ensuite son propos par son propre parcours. Il y a exactement seize ans, jour pour jour, l’archevêque de Hanoï lui proposait de poursuivre sa formation au Séminaire Notre-Dame de Namur. Une destination totalement inconnue pour le jeune Vietnamien qu’il était alors. Il ne parlait pas le français et dut rapidement apprivoiser deux mots essentiels : « Bonjour » et « Merci ».
À travers ce témoignage, il souligne combien les différences culturelles, linguistiques ou sociales ne constituent pas des obstacles mais des richesses. « Les différences qui existent entre les peuples n’effacent pas la gratitude à Dieu qui nous unit aujourd’hui », explique-t-il. Une conviction qui rejoint pleinement l’esprit de cette messe interculturelle.
Les différentes communautés viennent apporter leur contribution, leurs talents, leur sensibilité et leur manière particulière de vivre l’Évangile. « Nous sommes là pour apporter une diversité, un supplément à la culture locale », résume-t-il.
À l’heure où les questions migratoires occupent souvent le devant de l’actualité, cette célébration rappelle une réalité plus profonde : derrière les parcours, les langues et les traditions différentes se trouvent des femmes et des hommes appelés à devenir frères et sœurs en Christ.
La rencontre s’est prolongée après la messe dans la salle paroissiale autour d’un verre et d’une petite restauration. Une occasion supplémentaire de tisser des liens, d’échanger des nouvelles, de partager des saveurs venues d’ailleurs et de poursuivre, dans la simplicité, ce voyage commencé autour de l’autel.
Une belle manière de rappeler que l’Église est véritablement catholique, c’est-à-dire universelle : riche de toutes les cultures, accueillante à toutes les différences et unie par l’amour du Christ.
Christine Gosselin