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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

6 janvier 2026

Catégories

Séminaire
Vocation

Type

Actualités diocésaines

« C’est en se donnant totalement qu’on est vraiment libre »

Le dimanche 25 janvier prochain à 15h, en l’église Saint-Guibert de Gembloux, Thomas Capouillez sera ordonné diacre en vue du sacerdoce. À 31 ans, ce jeune homme au regard paisible et au parler simple avance avec une joie profonde sur le chemin que le Seigneur a ouvert devant lui. Rencontre avec un futur diacre ancré dans la terre, habité par la prière et confiant dans l’appel reçu.

Faire part d’ordination

Lorsque nous le félicitons pour les scrutins positifs qui précèdent l’ordination, Thomas répond avec un sourire désarmant : « Je suis dans une grande paix et une confiance que c’est le Seigneur qui me guide et qui m’appelle. Je le suis. Il m’habite… c’est tout simple. »
Une paix qui n’exclut pas les questions : « Pourrais-je mettre de côté mes peurs ? Serai-je capable de le laisser agir en moi ? »

Une foi qui grandit avec la vie

Thomas Capouillez

Né le 11 juillet 1994 à Bruxelles, Thomas grandit à Sombreffe. Il est l’aîné de trois enfants, au sein d’une famille croyante où la foi se vit simplement, au fil des étapes de la vie chrétienne. Très tôt, il est touché par ce qui se vit à l’église, par la présence du prêtre de sa paroisse, par ce « quelque chose de plus grand, de bon et de bienveillant » qu’il perçoit confusément.

Enfant puis adolescent, il se sent parfois « à part », différent des jeunes de son âge. Il devient acolyte, s’approche davantage de l’autel, s’approprie peu à peu sa foi. À Gembloux, où il réalise ses études secondaires, il fréquente la messe en semaine pendant les heures d’études avec un camarade de classe. Ensemble, ils passent pour des « OVNI ». Mais les questions de sens, d’éthique, de foi les nourrissent profondément. Les JMJ de Madrid, vécues 5ème secondaire avec un groupe de jeunes de Gembloux, marquent un premier tournant : l’expérience de l’Église universelle fait naître l’intuition d’un appel… encore fragile.

Après l’école, Thomas entame des études d’agronomie. Le monde agricole lui est familier, presque naturel, du côté de sa famille luxembourgeoise. Le contact avec la terre, le travail concret, l’observation de la nature le façonnent profondément. « Devant tant d’harmonie, je ne pouvais pas croire que tout soit le fruit du hasard. »

Une année de pause, entre la ferme familiale et des retraites chez les Frères de Saint-Jean à Libramont, vient approfondir son chemin intérieur. Il y découvre l’adoration eucharistique, la vie communautaire, une foi incarnée avant des JMJ à Rio qui seront une nouvelle expérience fortement marquante.

Malgré une insertion professionnelle réussie — à la ferme, puis dans une laiterie au Luxembourg — la question de l’engagement demeure insistante. Jusqu’au jour décisif.

Beauraing, lieu d’appel

« J’ai été frappé par la paix du lieu. Une grande sérénité s’est répandue dans mon cœur, et un appel intérieur très clair s’est fait entendre : il fallait que je devienne prêtre »

Thomas Capouillez

Le 15 mars 2019, Thomas se rend à Beauraing. Là, devant Marie, tout s’éclaire.
« J’ai été frappé par la paix du lieu. Une grande sérénité s’est répandue dans mon cœur, et un appel intérieur très clair s’est fait entendre : il fallait que je devienne prêtre » se souvient-il.  « Il y avait la peur, bien sûr. Mais surtout une douceur, une légèreté, une certitude paisible. En quittant le sanctuaire, la décision était prise ». Quelques mois plus tard, Thomas entre au Séminaire.

La formation, un chemin d’aventure

Philosophie, théologie, stages pastoraux, vie communautaire… La formation est exigeante et longue. Thomas y découvre un rythme, un équilibre entre l’humain, le spirituel et l’intellectuel.
« La route à la suite du Christ est vraiment un chemin d’aventure. »

Les stages – à Sombreffe, Walcourt, Assesse, aujourd’hui Gembloux – l’enracinent dans le réel. Il découvre la richesse de la vie du prêtre, le monde carcéral, les homes, l’enseignement, la proximité avec les prêtres et les communautés.

« Choisir, c’est renoncer. C’est un OUI total et sans retour que je pose car c’est en se donnant totalement qu’on est vraiment libre. »

Thomas capouillez

Sa vocation s’affermit, devient évidence. « Choisir, c’est renoncer. C’est un OUI total et sans retour que je pose car c’est en se donnant totalement qu’on est vraiment libre. »

La charrue et la prière

Un verset de l’Évangile accompagne Thomas depuis longtemps : « Qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du Royaume de Dieu » (Lc 9,62). La charrue, c’est le Christ. Solide, exigeante, elle trace le sillon et permet d’avancer droit. Une image profondément agricole… et spirituelle.

La prière, quant à elle, est la source. « La liturgie des heures est la colonne vertébrale du prêtre. »
Les engagements de l’ordination – liturgie des heures-obéissance-célibat – ne sont pas des contraintes, mais des appuis. « Le célibat dilate le cœur. Il permet de se donner sans partage. Dieu suffit. »

Aujourd’hui en stage à Gembloux, Thomas a le sentiment d’une boucle qui se referme. « Je suis chez moi d’une manière nouvelle. » Une manière d’être déjà envoyé.

« Je suis chez moi d’une manière nouvelle. »

Thomas Capouillez

Le 25 janvier prochain, l’Église diocésaine rendra grâce pour cet appel. Et Thomas continuera d’avancer, les yeux fixés sur le Christ-Charrue, confiant que Celui qui appelle donne aussi la force de répondre.

Christine Gosselin

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