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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

13 avril 2026

Catégories

Pastorale des Solidarités

Type

Actualités diocésaines

La Table de Suzanne – À Hastière, une soupe, du pain et beaucoup d’espérance

Chaque vendredi midi, au presbytère de Hastière, une table se dresse. On y partage une soupe, du pain, un dessert improvisé et surtout du temps. La Table de Suzanne rassemble des habitants venus d’horizons différents. Certains cuisinent, d’autres vont chercher les convives, d’autres encore prennent simplement place. Ici, personne ne demande qui donne et qui reçoit: on partage.

La porte s’ouvre. Sylvain apparaît, accompagné de Gilbert qui est allé le chercher. Dans les mains, un plateau de crêpes encore toutes chaudes pour le dessert. Peu après arrivent Hubert et Daniel avec William. Ils sont voisins dans le domaine d’Hermeton. Dans la grande salle du presbytère, Marie-Claude, Wendy, Véronique, Marianne, Marylène, Jean-François, Yves et l’abbé Bruno sont déjà là. La soupe mijote encore dans la cuisine. La table est dressée, les bols sont prêts, les conversations vont bon train.

Comme désormais chaque vendredi midi, on s’apprête à partager un repas simple et un moment de fraternité à La Table de Suzanne.

Mais pourquoi ce nom : la table de Suzanne ?

Suzanne, catéchiste très engagée dans le secteur d’Hastière, portait depuis quelque temps l’idée d’un endroit ouvert et chaleureux où l’on prend le temps de se parler, de rompre l’isolement, de partager. L’initiative était en train de naître lorsque Suzanne est décédée.

L’idée, elle, est restée. Aujourd’hui, Suzanne continue de vivre à travers ce rendez-vous hebdomadaire porté par une petite équipe. Parmi eux, Véronique Soblet, assistante paroissiale, veille discrètement à ce que tout s’articule.

« Une rencontre en entraîne souvent une autre », raconte Jean-François, le fils de Suzanne, solidement engagé dans la démarche solidaire. « Les choses se mettent en place presque naturellement. »

La Table de Suzanne – À Hastière, une soupe, du pain et beaucoup d’espérance

Chaque vendredi midi, au presbytère de Hastière, une table se dresse. On y partage une soupe, du pain, un dessert improvisé et surtout du temps. La Table de Suzanne rassemble des habitants venus d’horizons différents. Certains cuisinent, d’autres vont chercher les convives, d’autres encore prennent simplement place. Ici, personne ne demande qui donne et qui reçoit: on partage.

La porte s’ouvre. Sylvain apparaît, accompagné de Gilbert qui est allé le chercher. Dans les mains, un plateau de crêpes encore toutes chaudes pour le dessert. Peu après arrivent Hubert et Daniel avec William. Ils sont voisins dans le domaine d’Hermeton. Dans la grande salle du presbytère, Marie-Claude, Wendy, Véronique, Marianne, Marylène, Jean-François, Yves et l’abbé Bruno sont déjà là. La soupe mijote encore dans la cuisine. La table est dressée, les bols sont prêts, les conversations vont bon train.

Comme désormais chaque vendredi midi, on s’apprête à partager un repas simple et un moment de fraternité à La Table de Suzanne.

Une dynamique locale

La Table de Suzanne fait aussi écho au projet citoyen de la commune “Les Mange-tout”, porté par Hastière-en-Transition et le Plan Climat avec plusieurs partenaires locaux. Trois axes le définissent : récolter les fruits et légumes qui risquent d’être perdus, cultiver des potagers partagés et cuisiner ces récoltes qui sont partagées, notamment lors d’un Café & Soup’ papote à la Maison de village de Hermeton-sur-Meuse. La Table de Suzanne prolonge tout naturellement ce mouvement en offrant, chaque vendredi, un lieu où l’on prend le temps d’être ensemble.

« La précarité n’est pas toujours celle qu’on croit»

Autour de la marmite, Marianne ajoute un ingrédient secret dans sa ‘grosse soupe de Montigny’. « Suzanne était très sensible à la précarité affective », explique-t_elle. « La précarité n’est pas d’abord financière. Elle est souvent affective ou relationnelle. Une rupture dans le travail ou la famille peut fragiliser tout le reste et être le moteur d’une rupture sociale. » Yves acquiesce : « On disait autrefois qu’Hastière – et surtout Waulsort – était le Knokke-le-Zoute de la Wallonie. La région est magnifique ! Aujourd’hui pourtant, c’est aussi l’une des communes les plus pauvres de Belgique. Beaucoup de chalets de domaines de vacances sont devenus des habitations permanentes. » Marianne poursuit : « Quand on est par terre, ce n’est pas simple de se relever. Il faut du temps… et souvent l’aide de personnes solidaires. » Marie-Claude ajoute :« On oublie trop souvent la solidarité aujourd’hui. » Jean-François sourit : « Notre maître mot ici, c’est l’espoir. « Voire même l’espérance », complète l’abbé Bruno.

Une solidarité très concrète

L’espérance prend parfois des formes très simples. L’abbé Bruno prête volontiers le presbytère, la cuisine et la grande table. Il prépare aussi du pain, un kougelhof, des brownies. Marie-Claude se souvient : « Un convive est arrivé avec les pieds trempés. Sans faire d’histoire, l’abbé lui a prêté sa paire de pantoufles. » Elle éclate de rire : « Ici, on partage vraiment tout ! »

Derrière La Table de Suzanne, un petit groupe se retrouve régulièrement pour réfléchir à la suite. Les parcours sont très différents. Ils se sont rencontrés par la chorale, la paroisse, le théâtre-action ou simplement par le bouche-à-oreille. Certains sont pensionnés, d’autres travaillent encore. Wendy, elle, n’a que 14 ans et est encore à l’école secondaire. Elle s’occupe de la page Facebook de La Table de Suzanne. « Les liens se tissent peu à peu », observe Jean-François. « Et chacun trouve sa place. »

Gilbert ajoute en souriant : « Véronique coordonne tout cela avec beaucoup d’énergie. C’est un bon moteur. » Et les idées ne manquent pas !

Des projets pour demain

Parmi les pistes évoquées, certaines répondent à des besoins très concrets.

« Dans les domaines, l’accès à l’eau n’est pas toujours facile », explique Véronique. « Se laver ou faire une lessive peut devenir compliqué pour certaines personnes. » Avec Jean-François, dont le père, Pierre, ingénieur, a déjà dessiné les plans, ils imaginent l’installation d’un container équipé de douches et d’une machine à laver.

D’autres initiatives sont plus proches. Au printemps prochain, les Mange-tout installeront des bacs potagers dans le jardin du presbytère afin de créer un nouveau jardin partagé. Pour l’instant, les légumes de la soupe proviennent surtout d’invendus ou de colis alimentaires non distribués. Peut-être un jour viendront-ils directement du potager ?

À table !

La cloche résonne soudain. C’est l’appel du repas. Chacun s’empare d’un plat : soupière, fromage, charcuterie, crêpes, kougelhof… La table se remplit rapidement. Les conversations fusent : on parle politique, société, spiritualité, libéralisme, bonnes adresses. On fait connaissance. William et Hubert ont été pompiers. Yves éducateur. Daniel formateur en réinsertion… Les histoires de vie sont différentes, parfois cabossées. Chacun, à sa manière, a connu des ruptures. Des ruptures qui fragilisent. Des ruptures qui rendent plus attentifs aux autres. Des ruptures qui apprennent la résilience.

À La Table de Suzanne, il n’y a pas vraiment ceux qui servent et ceux qui sont servis. Il y a surtout des personnes qui, le temps d’un repas, partagent un peu de ce qui les fait tenir debout.  

Infos : rue de Moussia 150 à Hastière. Coordinatrice du projet : Véronique Soblet 0473 21 58 88.

Christine Gosselin

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