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Auteur

 Diocèse de Namur

Diocèse de Namur Rédacteur

Date

4 mars 2026

Catégories

Liturgie
Pâques

Type

Actualités diocésaines

Le cierge pascal, signification, symbolique et rites

« Que la lumière du Christ (…) dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit »

Les préparations des fêtes pascales que nous allons célébrer ces jours-ci nous encouragent à nous rappeler la signification des différents symboles et rites qui les accompagnent. Un des plus emblématiques est sans doute l’allumage du cierge pascal au début de la grande vigile, sommet de l’année liturgique, dans laquelle nous célébrons le cœur de notre foi, le mystère pascal.

Christ, lumière du monde

La grande vigile de Pâques commence dans le silence et dans la pénombre : ni chant ni éclairage n’accompagnent l’office de la lumière. Au feu nouveau, que le prêtre bénit au début de la célébration, est allumé le cierge pascal après avoir été préparé comme suit :

« Le Christ, hier et aujourd’hui (bras vertical), commencement et fin de toutes choses (bras horizontal), Alpha, (lettre Α) et Oméga (lettre Ω), à lui, le temps (1er chiffre de l’année) et l’éternité (2e chiffre), à lui, la gloire et la puissance (3e chiffre) pour les siècles sans fin (4e chiffre). Amen. » Viennent encore s’ajouter 5 grains d’encens, rappelant les plaies du Christ et les aromates : « (1) Par ses saintes plaies, (2) ses plaies glorieuses, (3) que le Christ Seigneur (4) nous garde (5) et nous protège. Amen. »

Ces premiers éléments ne sont pas simplement décoratifs. Avec eux, nous rendons tangible, visible, ce que nous croyons. Avant que le cierge ne soit placé dans le chœur de l’église, il est porté en procession. Par trois fois, nous chantons : « Lumière du Christ. Nous rendons grâce à Dieu » tandis que les cierges que nous portons sont allumés à cette flamme unique. Le Christ seul est la lumière : nous ne la possédons pas, nous la recevons de lui et nous la transmettons.

L’Exultet (l’Annonce de la Pâque) est ensuite chanté. Citons-en la dernière partie :

« Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très saint, en sacrifice du soir cette colonne de cire que la sainte Église t’offre par nos mains. Mais déjà nous savons ce que proclame cette colonne qui brûle avec éclat en l’honneur de Dieu : quand on en transmet la flamme, sa clarté ne diminue pas. (…) Aussi nous t’en prions, Seigneur : permets que ce cierge consacré en l’honneur de ton nom brûle sans déclin pour dissiper les ténèbres de cette nuit. Qu’il te soit d’un parfum agréable et joigne sa clarté à celle des étoiles. Qu’il brûle encore quand se lèvera l’astre du matin, cet astre sans pareil qui ne connaît pas de couchant, le Christ, ton Fils, revenu du séjour des morts, qui répand sur le genre humain sa lumière et sa paix, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. »

Ainsi, le cierge pascal ne renvoie pas seulement à une idée : il rend visible, dans la nuit de l’Église, la présence du Christ ressuscité. En brûlant, il manifeste le don du Ressuscité, lumière offerte qui éclaire, rassemble et conduit.

Un cierge neuf

On le sait : en ce qui concerne les finances de nos fabriques, le mot d’ordre est plutôt celui de l’économie. Ainsi, il arrive qu’on s’interroge quant à l’obligation d’acheter un nouveau cierge chaque année. Disons-le simplement : pour la vérité du signe de cette vie sans cesse nouvelle du Christ qui nous est donnée, ce cierge devrait être renouvelé chaque année. Les fournisseurs qui produisent eux-mêmes les cierges les reprennent volontiers pour les refondre ou encore les remettre à neuf. On peut aussi acheter un cierge neutre, moins coûteux, et faire appel aux talents artistiques de nos paroissiens pour le décorer.

Une seule vigile, mais plusieurs cierges

Puisque le cierge pascal représente le Christ lumière du monde, il est clair qu’il ne peut être qu’unique dans la célébration de la nuit sainte, même si plusieurs paroisses sont rassemblées. C’est à cette unique lumière que tous les fidèles allument leur propre cierge pour symboliser le passage de la nuit à la clarté pascale et, ensuite, pour renouveler les engagements de leur baptême.

Cependant, lorsque plusieurs communautés célèbrent ensemble en un lieu unique la vigile pascale, elles tiennent à ce que le cierge pascal de leur paroisse soit béni. Une manière d’exprimer l’unité du Christ dans la diversité des communautés serait qu’une personne de chaque lieu les apporte à la fin de la vigile pour que le diacre ou le prêtre les allume au cierge pascal. Le prêtre qui préside peut bénir sobrement ces cierges pascals et éventuellement les envoyer, avec les personnes qui les portent, vers leurs paroisses avant de sortir en procession derrière eux.

Un déroulement est proposé sur le site du Service de Pastorale Liturgique.

Après le temps pascal

« Le cierge pascal (…) sera allumé au moins à toutes les célébrations un peu solennelles du temps pascal, jusqu’au dimanche de la Pentecôte. Celui-ci terminé, on gardera le cierge pascal avec honneur au baptistère, et on l’allumera pour la célébration du baptême : c’est à sa flamme que seront allumés les cierges des baptisés. Aux funérailles, on le placera aussi près du cercueil : il marquera que la mort du chrétien est sa propre Pâque. En dehors du temps pascal, on n’allumera pas le cierge pascal et on ne le gardera pas dans le chœur » (Paschale solemnitatis 99, 16 janv. 1988). Il continue ainsi d’accompagner « la naissance à la vie nouvelle dans le Christ » qu’est le Baptême (CÉC 1277) et « l’achèvement de [l]a nouvelle naissance commencée au Baptême » (CÉC 1682) qu’inaugure le jour de notre mort.

Terminons sur ces quelques mots bien connus de Mgr Warin : « Mais depuis le premier matin de Pâques, même le couchant d’une vie est la promesse d’un jour nouveau. Il est ressuscité et nous ressusciterons après lui. »

Sainte fête de Pâques !

Maxime Bollen

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