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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

1 février 2024

Catégories

Patrimoine
Tourisme

Type

Actualités pastorales

L’église Saint-Germain et la Fontaine Miraculeuse


Dédiée à Saint-Germain d’Auxerre, l’église Saint-Germain émerge majestueusement dans le village du même nom, nichée entre une ferme et l’ancien presbytère. La route de Perwez la dévoile, légèrement surélevée depuis la muraille qui l’entoure, et invite les curieux à explorer son histoire complexe. Dans ses fondations, elle abrite encore un petit autel accessible depuis la route.


Selon l’historien Luc-Francis Génicot, certains édifices médiévaux, « illustrent parfois le passé mieux que des mots ». Il s’empresse cependant de souligner l’importance de les connaître en profondeur, en les dépouillant des ajouts et habillages qui les ont parfois dénaturés au fil du temps. « L’église romane de Saint-Germain est dans le cas ».

« La légende attribue la fondation de l’église à saint Germain lui-même », nous explique Daniel Oger, sacristain de l’église depuis plus de vingt ans. Au retour d’un voyage en Grande-Bretagne en 447 accompagné par saint Sévère, l’évêque d’Auxerre aurait choisi cet emplacement pour une première chapelle en y laissant une trace indélébile. Il aurait également fait jaillir la fontaine miraculeuse située rue de la Brasserie ». Il semble donc que le lieu soit connu depuis fort longtemps !


La construction de l’église actuelle remonte vraisemblablement aux dernières décennies du XIe. Depuis le chemin d’entrée, devant la tour, Monsieur Oger nous indique une ligne de démarcation à hauteur des fenêtres supérieures « aux murs gouttereaux », le long de la nef centrale. On voit clairement une scission dans les pierres entre ce qui correspond à l’ancien édifice qui reprend les quatre travées de la nef principale les plus éloignées de la tour et ladite tour avec les deux travées qui furent ajoutées aux nefs lors des restaurations de 1901-1903.

L’église romane d’origine, bâtie en grès ferrugineux (la pierre de la région), ne comportait que quatre travées dans ses trois nefs qui étaient accessibles par une tour carrée placée dans son prolongement. « Mais, continue monsieur Oger, avec l’agrandissement de l’église, il ne fut plus possible de reconstruire la tour dans le prolongement des nefs à cause du presbytère bâti juste derrière. La tour fut donc déplacée latéralement, ce qui donne une configuration tout à fait singulière à l’église Saint-Germain ».


Suivant toujours Monsieur Oger, nous contournons l’église par l’extérieur passant par la pelouse dans laquelle subsistent quelques monuments funéraires de l’ancien cimetière. Nous nous arrêtons devant un nouvel ajout, derrière le chœur : une abside semi-circulaire remplace le chevet plat primitif et une sacristie est ajoutée. « Cette nouvelle configuration, explique Daniel Oger, permet un accès sans escalier à l’église, pour les personnes à mobilité réduite ». Malheureusement, les fondations ne sont pas suffisantes pour cette extension et le sol s’affaisse tandis que les murs se fissurent de chaque côté de l’abside. Le classement de l’église, du mur d’enceinte et du cimetière ne facilitent pas les travaux.


Au-dessous de l’église, sur le bord de la route, un petit autel construit pendant la guerre témoigne d’une époque où la prière pour le retour des soldats était essentielle. Lui aussi devrait faire l’objet de restaurations.

À l’intérieur de l’église où nous suivons notre sacristain, les éléments originaux cohabitent avec des ajouts du XXe siècle, notamment dans le chœur. Nous sommes d’abord saisis par le splendide plafond de bois peint qui contraste avec les murs blancs des nefs.

Dès l’entrée, Monsieur Oger nous explique qu’anciennement l’église était entièrement décorée de peintures que le blanchiment des murs a entièrement recouvertes.

Un grand Christ en bois datant de 1643 domine le chœur. À sa droite, sur l’autel latéral un beau saint Germain en bois n’a rien à envier à la Vierge habillée qui trône sur l’autel latéral de gauche. À noter encore une chaire de vérité néo-romane datant de 1902 en pierre bleue avec en incrustation le Christ et des évangélistes en pierre de Gobertange (Jodoigne). Dans le chœur, on trouve encore les fonts baptismaux (1604) offerts par l’abbaye de Salzinnes, un maître autel et un autel majeur en pierre surmontés par des vitraux qui représentent des scènes bibliques : Abraham et Isaac, l’Agneau
immolé, Melchisedech. Dans la nef, les vitraux au nord représentent des scènes liées à la Vierge Marie ; tandis que les vitraux au sud, mettent en scène la vie de saint Germain : notamment les miracles, la construction de l’église et le jaillissement de sa source.

Cette fontaine miraculeuse dont le vitrail raconte l’histoire se trouve un peu plus loin dans le village en remontant la route de Perwez vers Liernu depuis l’église. Un petit sentier y mène le long des champs mais on peut également y accéder par la rue de la Brasserie, voie sans issue dont elle marque l’aboutissement. Depuis le VIIIe siècle, son eau est réputée guérir les enfants malades ou qui tardent à marcher. Encore aujourd’hui, la tradition perdure et chaque année, en août/septembre, a lieu la bénédiction des enfants après la messe de la fête du saint.


À faire à proximité

À 8km de Saint-Germain, à Leuze, l’église Saint-Martin (église ouverte) est le point de départ d’une belle promenade dite «  promenade des chapelles » qui propose de découvrir dans une boucle qui emprunte le RAVeL et longe aussi les bassins de décantation de la Râperie de Longchamps, une dizaine de chapelles et potales. Le doyen de Leuze a composé un petit livret de prières et méditations qui pourra vous accompagner dans votre petit pèlerinage.

Pour vous le procurer : accueilleuze@gmail.com

Christine Gosselin

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