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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

1 avril 2023

Catégories

Patrimoine
Tourisme

Type

Actualités pastorales

L’église Saint-Pierre de Bastogne


Classée patrimoine exceptionnel de Wallonie en 1938, l’église Saint-Pierre est la plus ancienne église de Bastogne. Pratiquement en face du musée en Piconrue, elle est édifiée au XVe siècle dans un style gothique flamboyant à l’emplacement d’un premier bâtiment de style roman daté du VIIe siècle. Le doyen Philippe Leblanc et le sacristain Pol Raskin nous font visiter.


Dès la porte de l’église franchie la fantastique voute polychrome de l’église-halle — église dont la nef et les collatéraux sont de même hauteur — capte le regard. S’y déploie la Bible en images: des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, entremêlés de motifs floraux côtoient des scènes de la vie quotidienne des confréries religieuses et des corporations, des écussons des grandes familles donatrices et de personnages importants de l’époque, dont Charles Quint qui aurait visité l’église. Magnifique !


Avant de progresser dans l’église, on ne peut que s’arrêter devant les orgues monumentaux. Le Père Philippe souligne qu’« il fallut 45 ans d’attente et de démarches pour que ces orgues, détruits par une bombe lors de la bataille des Ardennes en 1944, soient enfin inaugurés en 1989 en présence de Mgr Musty et de Firmin Decerf, organiste titulaire ».


À l’arrière des orgues, le portail nord néogothique est ouvert d’une rosace qui éclaire une mise au tombeau sculptée dans le chêne : le Christ mort est entouré par Joseph d’Arimathie, saint Jean soutenant la Vierge Marie, sainte Véronique, Marthe et Marie-Madeleine. On l’appelle la mise au tombeau du « Spai trou » ( qui veut dire : trou épais ).


En retournant vers la nef, ne manquez pas de vous arrêter devant les fonts baptismaux. Avec, une partie de la tour carrée ( 11m de côté, 22m de haut ) en grès local et l’autel roman en pierre de France ( au fond du chœur ), ces fonts en pierre calcaire bleue de la Meuse, sont les vestiges d’une église primitive dont parlent déjà des documents datant de 893 (1 À l’ombre de saint Pierre de Robert Moëry). On les découvre derrière une remarquable porte à double vantail qui permet de les refermer. Tout comme la chaire de vérité de style baroque ou la statue de saint Pierre dans la nef à droite du chœur, elle est attribuée à Jean-Georges Scholtus.

La chaire de vérité est ornée de nombreuses statues dont saint Grégoire, saint Augustin, saint Jérôme… avec au sommet de la porte d’accès le roi David portant la couronne et le sceptre. Pour des raisons de sécurité — l’église est ouverte tous les jours de 10h à 17h — les sculptures originales en chêne ont été confiées au musée « Piconrue – Musée de la Grande Ardenne » et remplacées par des copies en résine.

Le Père Philippe étudie avec le musée la possibilité d’un partenariat pour une visite combinée de l’église et du musée.

Le Père Philippe étudie avec le musée la possibilité d’un partenariat pour une visite combinée de l’église et du musée.

En avançant vers le chœur, Pol Raskin explique le symbolisme très riche des vitraux de Londot où l’on peut notamment percevoir la couronne d’épine, le trône, la colombe et bien-sûr Notre-Dame du Luxembourg. Les vitraux du chœur, quant à eux, sont l’œuvre de l’artiste français Maurice Rocher.


Que faire à proximité ?


Si la visite de l’église vous a mis en appétit, rien de tel qu’un arrêt au numéro 1 de la rue de la Pépinière à deux pas de l’église. Richard Martin vous y accueillera chaleureusement sur le site de « Bastogne-Nord », un charmant petit restaurant de 25 couverts, ouvert du lundi au vendredi de 11h à 14h. Dans cette entreprise de Formation par le Travail, Richard et ses deux collègues guident pendant 18 mois des travailleurs en réinsertion socio-professionnelle. « Nous avons nos habitués » confie Richard. L’histoire veut que l’ancien doyen et l’équipe pastorale y soient bien connus…


Le ravel qui passe à proximité vous permettra une jolie promenade digestive qui peut s’achever par une petite visite à Notre-Dame-de-Bonne-Conduite sur la route d’Arlon à deux km du centre-ville. Cette petite chapelle trapue à la sortie de Bastogne a été érigée en 1673 comme l’indique une inscription gravée au-dessus de l’entrée. Le culte de Notre-Dame-de-Bonne-Conduite semble lié à celui de Notre-Dame-de-Foy près de Dinant. Selon une tradition locale elle était une halte pour les voyageurs qui se rendaient à Arlon et y cherchaient la protection divine avant de traverser la grande forêt mal famée qui séparait Bastogne d’Arlon. D’où le vocable marial de « Notre-Dame-de-Bonne-Conduite ». Devant le muret extérieur la coupole d’un char américain abandonné rappelle que la région souffrit considérablement durant la seconde guerre mondiale.

Christine Gosselin

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