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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

15 février 2024

Catégories

Type

Vie d’Église

Mouvement pour un Monde Meilleur

À l’origine du documentaire aujourd’hui bien connu « Des arbres qui marchent », le Mouvement pour un Monde Meilleur (MMM) existe depuis 70 ans. Mouvement international, il réunissait dernièrement une soixantaine de ses représentants lors d’un Cénacle à Madrid pour partager leurs projets et élire les trois membres de la Direction générale. L’un d’eux est belge, francophone : Jean-Marie Pierre ! Avec son épouse, Véronique Henriet et Françoise Hamoir membres de l’équipe de Direction, ils nous parlent de « cette pastorale qui incite à faire mouvement » que le MMM impulse.

« C’est à la suite de l’interpellation radiophonique de Pie XII, le 10 février 1952, que le Mouvement pour un Monde Meilleur est né, explique Françoise Hamoir. Il vient donc de fêter ses 70 ans ! ». Après la seconde guerre mondiale, le pape appelle effectivement à reconstruire le monde « à partir de ses fondations-mêmes, selon le cœur de Dieu ».

Dans l’effervescence de ces années qui mèneront au Concile Vatican II, le MMM voit le jour à l’instigation d’un père jésuite, Riccardo Lombardi. Ses premiers écrits aident à ressaisir l’intuition du départ : la volonté de créer « mouvement » ; c’est-à-dire de lancer des « dynamiques » qui :

  • ne cibleraient pas des élites, ne chercheraient pas à en former, mais seraient tournées vers des ensembles de personnes, organisés ou non, des groupes sur un même pied d’égalité afin de faire évoluer l’Église vers plus d’ouverture.
  • favoriseraient, à des degrés divers, des prises de conscience opérées par le concret de l’action plus que par la diffusion d’idées.
  • viseraient à obtenir non pas des adhésions à des contenus ou des pratiques mais une transformation, un renouvellement, une renaissance.

Très vite le MMM se répand partout dans le monde. Il est aujourd’hui présent dans plus de cinquante pays répartis sur les cinq continents. En 1988, le mouvement reconnu comme « Association de fidèles » de droit pontifical est affilié au Conseil pontifical pour les laïcs. Il bénéficie d’une représentation à l’ONU.

Très vite, encore, il est apparu que pour susciter et soutenir une telle mise en mouvement, il fallait des groupes de personnes qui s’y consacrent. Des personnes à la fois suffisamment identifiées et cependant non particularisées par une quelconque spécialisation. Ces groupes de personnes, composées de prêtres, religieux, laïcs, tous sur un pied d’égalité, cherchent à susciter diverses collaborations, ponctuelles ou longues, dans l’Église et la société. Elles sont organisées en équipes nationales, régionales ou locales.

Françoise : « Le groupe belge, c’est 11-12 personnes. Elles se réunissent en ‘Convivence’ pour se former et inventer des projets. Le terme, issu de l’espagnol, signifie ‘ vivre quelque chose ensemble’ ».

Si Françoise y a adhéré au lendemain de sa retraite, Jean-Marie et Véronique sont membres du groupe depuis plus de 20 ans… Un engagement qui a tout son sens pour eux et rejaillit sur leur vie familiale, leurs quatre enfants – et maintenant cinq petits-enfants ; et sur leur vie professionnelle : Jean-Marie travaillait comme ingénieur et Véronique dans l’accompagnement pastoral du diocèse de Tournai : « L’appartenance au groupe, c’est un plus par rapport à ma mission en pastorale. C’est un état d’esprit… » confirme Véronique.

Au niveau international, un Cénacle se déroule tous les quatre ans : les représentants des différents groupes s’y retrouvent pour se former, revisiter leurs projets et élire de nouveaux responsables. L’équipe de Direction est ainsi recomposée. Cette année, un laïc et deux prêtres font partie de l’équipe aux côtés de la secrétaire qui œuvre à temps plein à Rome pour le Mouvement. Le discernement a pointé Jean-Marie Pierre comme l’un de ces présidents. Il a accepté le mandat !

Les projets/outils

Ce sont des matériaux intéressants pour tout qui veut offrir à son entourage des moments de réflexion, de partage et de prière. Nous croyons que notre croissance en humanité passe par la parole échangée en toute liberté et pleine conscience. Les moyens proposés tentent de donner des occasions de faire expérience, c’est-à-dire de vivre des échanges qui laissent place au surgissement d’une nouvelle conscience des choses et qui ouvrent le désir d’aller plus loin, sachant que ce désir s’enracine dans l’expérience de l’échange de la parole.

« On suscite, plutôt qu’on ne veut se mettre en avant ou faire des bénéfices sur les outils. Une notion importante dans notre Mouvement est l’aspect provisoire… Il y a un détachement par rapport à la production. Nous sommes des passeurs. »

Les Exercices spirituels

Dans ce mouvement de spiritualité Ignacienne, le socle du groupe, ce sont les Exercices. L’originalité, tient dans la méthodologie déployée pour les vivre de manière communautaire et dans le fait qu’ils sont modulables : chaque groupe est donc invité à les vivre le plus largement possible : non pas, pour « faire des membres » mais pour initier des dynamiques. Les exercices sont un outil. Jean-Marie Pierre : « La base de ces exercices, c’est partir de son vécu, des échanges que nous avons entre nous avec comme socle la Parole de Dieu. À partir de là, joies, angoisses, recherches, peuvent être vécues de manières différentes. S’ils sont déjà actualisés pour la Belgique, repenser ces exercices à l’heure d’aujourd’hui est l’un des projets du Mouvement pour un Monde Meilleur, au niveau international ».

Les supports de formation

Le documentaire « Des arbres qui marchent », aujourd’hui sous-titré en anglais et espagnol… (langues officielles du groupe), est l’un de ces outils mis à disposition qui poursuit son chemin de par le monde au service de ceux qui le reçoivent et s’en inspirent. Il en va de même pour l’exposition photos « Les enjeux d’humanité » qui circule depuis 2014. Différents supports « Pour vivre la synodalité en Église », « le discernement », des outils de formation d’« animation de groupes » font encore partie des outils à disposition. Avec la perspective d’une nouvelle façon de faire Église, le MMM accompagne aussi des chantiers paroissiaux, des projets pour les jeunes, les familles, les ministères ordonnés, les instituts religieux dans un projet de renouveau-évangélisation.

En tant que « passeurs », les membres du MMM incarnent une vision de l’humanité en constante croissance, alimentée par la Parole échangée et l’expérience partagée.

Christine Gosselin

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