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Auteur

Christine Bolinne Auteure

Date

20 décembre 2023

Catégories

Belgique
Sanctuaire de Beauraing

Type

Actualités pastorales

Notre-Dame de Beauraing en restauration

Notre-Dame de Beauraing a quitté le Jardin des apparitions pour être restaurée

De l’émotion mais aussi du stress, ce matin, sur le site du sanctuaire de Beauraing. La statue de Notre-Dame a quitté le Jardin des apparitions pour rejoindre un atelier de restauration à Laeken. Une opération délicate qui aura pris deux heures et demandé l’intervention de spécialistes mais aussi d’une grue. Cette statue de Notre-Dame de Beauraing tellement connue est déjà remplacée, le temps du chantier, par une autre statue, plus petite.

Le jour se lève à peine sur Beauraing. Le site du sanctuaire s’éveille sur une journée qui ne sera vraiment pas comme les autres et qui restera gravée dans bien des mémoires. Ce mercredi, Notre-Dame de Beauraing a quitté le socle qu’elle occupe dans le Jardin des apparitions !

Au fil des années, la statue en marbre de Carrare s’est dégradée, victime de la pollution, des variations climatiques. En 1985, on se souvient qu’elle avait été abîmée par des opposants au voyage du pape. Les mains de la statue avaient été coupées et emportées. Retrouvées quelques heures plus tard, elles avaient été remises en place. Des doigts avaient été brisés et refaits, dans l’urgence, en résine. A quelques heures de l’arrivée du pape, de l’huile de vidange avait, cette fois, été versée sur la statue ! Finalement, Jean-Paul II alors en visite en Belgique avait pu prier à l’aubépine. Des traces de ces actes sont toujours visibles. Une suite de dégradations qui rendaient cette restauration indispensable. Notre-Dame de Beauraing a donc pris la direction de Bruxelles, de Laeken plus précisément où se trouve l’atelier de Jacques Vereecke, spécialiste dans la rénovation de sculptures.

Le calme des intervenants tranchait avec le stress des personnes présentes ! Comme cette dame, une habituée du jardin, venue allumer quelques bougies à Notre-Dame juste avant son grand départ. L’émotion se lit sur les visages. Il y a encore la crainte de l’accident, de la chute. Dès que Notre-Dame décolle de son socle, le recteur, le chanoine Rochette et les abbés Décisier, vice-recteur et Damien Nivelle chantent un « Je vous salue Marie ». Un voyage dans les airs de quelques minutes à peine qui se déroulera parfaitement. 

Deux heures plus tôt, les équipes étaient déjà au travail : les spécialistes du transport comme les as de la restauration. Tous étaient déjà venus, en repérage, dès lundi. Objectif de cette visite préliminaire : vérifier si la statue était « simplement » posée sur son socle ou si un rivet traversait, pour assurer le maintien, le tout. Heureusement, la statue dont le poids oscille entre 500 et 600 kilos avait été déposée, sans plus.

Minute après minute

Mercredi, 8h15, tout démarre. Ou du moins devrait démarrer, un cadenas fait de la résistance. Actionné tous les jours, mercredi, il ne s’ouvre pas ! Parmi les participants, on se dit que Notre-Dame ne veut peut-être pas quitter même pour quelques semaines Beauraing. Après un coup de disqueuse, le cadenas cède et les équipes peuvent accéder à la statue.

Les fleurs qui l’entourent sont écartées. Deux opérateurs montent sur des échelles et enveloppent la statue, pour la protéger, dans du papier film. Un coussin de mousse est encore posé sur l’avant et est lui-même fixé par quelques tours de film plastique. L’objectif : que les sangles qui vont être placées pour soulever la statue aient assez de recul pour éviter d’endommager le visage et la couronne de rayons.

Dans l’assemblée, l’arrivée de Cédric, grutier, fait monter la pression. Un grutier, exemple de la zen attitude. Hier, il posait, à 25 mètres de haut, des vitres. Il s’enferme dans sa bulle et actionne les manettes. Il a bien compris que l’émotion des spectateurs est provoquée par l’amour qu’ils portent à Notre-Dame de Beauraing. Notre-Dame se soulève petit à petit, tout en douceur, dans le ciel. Le chanoine Rochette se veut rassurant : « Elle reviendra toute belle. »

La grue permet non seulement de soulever la statue mais aussi de lui faire passer le mur d’enceinte du sanctuaire où un camion l’attend. Elle est posée, au millimètre près, sur une palette en bois, le socle de la future caisse de transport. Il faudra encore de longues minutes pour sécuriser le tout. Des rayons sont fixés à divers endroits, sorte de corset de bois empêchant tout mouvement. La boîte est refermée avant d’être attachée solidement aux parois du camion. Restait à prendre la route. Et pour rassurer les Beaurinois, une photo a été envoyée à l’arrivée de la « Belle Dame » comme disaient les jeunes témoins des apparitions à Bruxelles.

Christine Bolinne

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