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Auteur
Christine Gosselin Auteure
Date
7 juillet 2026
Catégories
Pastorale des Solidarités
Type
Rencontre de l’évêque et du groupe Fratelli Tutti « Nous sommes dans le même bateau »
Ce jeudi 2 juillet, une trentaine de membres du groupe Fratelli Tutti Namur et de la pastorale de la solidarité ont rencontré Mgr Lejeusne au Séminaire. Au programme : eucharistie, échange fraternel et repas partagé. Un beau moment d’Église, simple et joyeux, où la parole des plus pauvres a été accueillie comme une richesse pour tous.
À l’appel des cloches de la chapelle du Séminaire, ils sont arrivés les uns après les autres, heureux de se retrouver. Ce jeudi 2 juillet, le groupe Fratelli Tutti Namur avait rendez-vous avec Mgr Lejeusne pour une rencontre à la fois spirituelle, fraternelle et conviviale qui commençait par une eucharistie. Dès l’homélie, le ton était donné : il s’agissait de parler de l’Église comme d’un lieu où chacun a besoin des autres. Commentant l’Évangile du jour, Mgr Lejeusne est revenu sur ces hommes qui présentent à Jésus une personne paralysée. « Voyant leur foi », Jésus pardonne et guérit. Non pas la foi d’un seul, mais la foi de tous ceux qui portent, accompagnent, espèrent. « Nous sommes tous un peu paralysés d’un côté ou de l’autre », a souligné l’évêque. Personne ne découvre le Seigneur tout seul. La communauté est ce lieu précieux où l’on se soutient, où l’on se porte mutuellement, où l’on avance ensemble malgré les fragilités de chacun.
Une seconde invitation a traversé son homélie : faire le bien. Une parole simple qui rejoint le cœur de l’Évangile. Comment reprocher à quelqu’un de vouloir faire le bien ? Encore faut-il, rappelait Mgr Lejeusne, se nourrir à la source de tout bien. La bénédiction du Seigneur ouvre le cœur et pousse à aimer, servir, relever, consoler. Au cours de cette prière, l’évêque a confié à l’assemblée Nicolas Warnier, membre du groupe Fratelli Tutti depuis ses débuts, décédé le 28 juin.
Après la messe, la rencontre s’est poursuivie au réfectoire du Séminaire. Sœur Liliane a introduit l’échange en rappelant l’origine et l’esprit du groupe. Fratelli Tutti Namur s’inspire du Réseau Saint-Laurent, né en France, qui rassemble des chrétiens désireux de vivre un chemin de foi et de fraternité avec des personnes en situation de grande pauvreté ou de précarité sociale. Son intuition est forte : l’Église a à apprendre des pauvres. Non pas seulement agir pour eux, mais recevoir d’eux une parole, une expérience, une manière de croire et d’espérer.
Le groupe namurois s’inscrit dans cette même dynamique. Ses rencontres reposent sur trois dimensions essentielles : donner place et parole aux plus pauvres, partager la Parole de Dieu à partir de ce que chacun vit, et célébrer la fraternité. Ici, l’autre n’est pas d’abord considéré comme une personne à aider, mais comme un frère, une sœur, un membre de l’Église, porteur d’une parole importante. Pour ouvrir le dialogue avec Mgr Lejeusne, Pierre, membre du groupe le rappelle en lien avec l’image du bateau de carton réalisé avec les moyens du bord et qui fait allusion à la barque de l’Espérance au cœur de la Journée des Pauvres de Banneux. « Nous sommes dans le même bateau », a-t-il expliqué. Un bateau fragile, certes, mais au centre duquel se tient Jésus. Il rassemble, il invite, il conduit. Et chacun, à sa manière, apprend à ramer avec les autres. Les échanges ont ensuite porté sur la mission de baptisé, la devise de l’évêque, son ministère dans le diocèse de Namur, mais aussi sur la place de l’Église dans la société. Mgr Lejeusne a rappelé qu’il n’était pas évêque uniquement pour les chrétiens. « C’est facile de prêcher aux convaincus », a-t-il confié en substance. Sa mission s’adresse aussi à tous ceux qui sont prêts à se laisser toucher par l’Évangile, parfois sans même le nommer.
L’évêque a également insisté sur l’importance de soutenir toute personne qui fait le bien. De nombreuses associations agissent chaque jour auprès des plus fragiles : Déjà à Namur, la Main Tendue, Les Restos du Cœur, Les Sauverdias, Li Vi Clotchi, Li P’tite Buweye… Autant de lieux où se vit, concrètement, une attention à l’autre. L’Église, rappelait-il, fut à l’origine de nombreuses œuvres sociales en Europe. Certaines s’en sont éloignées avec le temps, mais l’appel demeure : reconnaître, encourager et servir ce qui relève, ce qui console, ce qui remet debout.
Une question lui a alors été posée : qu’aime-t-il le plus dans sa nouvelle fonction ? La réponse est venue sans hésitation : la rencontre. Ce mot résumait finalement assez bien toute la matinée. Rencontre avec Dieu dans l’eucharistie. Rencontre avec les plus fragiles, dont la parole éclaire l’Église. Rencontre avec l’évêque. Rencontre autour d’un repas partagé, garni de ce que chacun avait apporté.
Avant d’ouvrir le buffet, Mgr Lejeusne a béni la table. Les plats ont circulé, les conversations aussi. Dans la simplicité d’un repas, quelque chose de l’Évangile continuait à se vivre : la joie d’être ensemble, la reconnaissance de chacun, la certitude que, malgré les vents contraires, il est possible d’avancer dans la même barque.
Fratelli Tutti Namur poursuit désormais sa route, avec ses rencontres mensuelles et plusieurs rendez-vous à venir, dont un pèlerinage à Lourdes avec le Réseau Saint Laurent. Une belle manière de continuer à ramer ensemble, les yeux tournés vers Celui qui se tient au milieu de la barque.
Christine Gosselin