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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

4 septembre 2026

Catégories

Jubilé
Tourisme

Type

Actualités diocésaines

Saint-Michel de Waulsort célèbre ses 950 ans ! – Tours & Détours

Waulsort : Saint-Michel, presque mille ans de veille sur la Meuse 

À Waulsort, il faut franchir le seuil de l’église Saint-Michel, laisser la lumière glisser sur les moellons de calcaire et écouter le silence pour entendre ce que neuf siècles et demi ont déposé dans la pierre : les moines irlandais, les pèlerinages, les guerres et la vie du village y affleurent comme autant de présences racontées par les fresques du chœur, les stalles médiévales, la châsse des reliques. Bâtie pour les paroissiens entre 1048 et 1075 à l’ombre de la puissante abbaye de Waulsort, elle invite aujourd’hui encore, à l’heure de son 950e anniversaire, à une visite où le passé est bien vivant ! 

La montée vers l’église Saint-Michel de Waulsort se fait doucement. L’édifice n’est pas tout à fait au milieu du village, dont il demeure pourtant l’un des cœurs les plus anciens. À ses côtés, le château – partie subsistante de l’ancienne abbaye – veille lui aussi. Mme Patricia de Halloy qui nous accueille à l’église avec Mme Colette Ricard et Mme Danielle Jaumotte, membres du conseil de fabrique et du comité du 950e anniversaire de l’église, y habite.  

Une église et une abbaye 

« On ne peut pas séparer l’église de l’abbaye, commence Mme de Halloy. Ce sont des moines anglo-saxons qui la fondèrent vers 946, à la demande du comte Eilbert de Florennes. Ils la placent sous la protection de Notre-Dame ». Parmi eux, Maccalan, Cadroé et Forannan marqueront durablement la mémoire du lieu. L’abbaye prospère, s’associe à celle d’Hastière, mais les habitants du village ne disposent pas encore de leur propre église paroissiale. Ils se rendent donc au monastère pour leurs devoirs religieux. Une situation peu commode pour les moines. Le père abbé Lambert décide alors, au XIe siècle, de faire construire l’église actuelle qui sera consacrée un 8 octobre par Théoduin, évêque de Liège, en l’honneur de saint Michel, saint Patrice, sainte Cécile et de tous les saints.  

L’église est romane, construite en moellons de calcaire. Elle présente une longue nef de quatre travées et un chœur plus étroit. « Contrairement à la majorité des églises, l’entrée de Saint-Michel se fait en descendant dans la nef, souligne Colette Ricard car l’église a conservé son aspect primitif, ce qui permet d’observer ces particularités de niveaux héritées du Moyen Âge ». La porte baroque, en anse de panier à harpes saillantes, est millésimée 1711.  

Mme Jaumotte qui vient de disposer autour de l’autel des bouquets d’hortensias fraîchement coupés, nous arrête près du bénitier. Sa base en pierre calcaire, de style gothique, date du XVIe siècle. On y distingue les armoiries de l’abbé Jean VIII Mouchet. « Le mouchet, en wallon, désigne un épervier, rapace qui est l’un des symboles des Waulsortois», rappelle-t-elle. Plus loin, les fonts baptismaux, les statues, les pierres tombales et les médaillons racontent une autre histoire : celle d’un mobilier qui a voyagé, été donné, déplacé, parfois volé, parfois sauvé. 

Dans le chœur, une copie de la Descente de Croix de Rubens, réalisée en 1841 par le peintre dinantais Auguste-François Michel trône derrière le maître-autel. De chaque côté du chœur, quatre stalles en chêne proviendraient vraisemblablement de l’ancienne abbatiale. Leurs miséricordes sculptées et leur ancienneté en font l’un des trésors de l’église. Selon Robert Didier, elles auraient été réalisées par un artiste dinantais vers 1310-1330. « Ce sont peut-être les pièces les plus remarquables du mobilier », souligne Patricia de Halloy.  

Mme Ricard invite alors à lever les yeux vers les arcades du chœur. Quatre panneaux peints, en forme de triptyque, y racontent l’histoire spirituelle de Waulsort. Réalisés en 1944 par le peintre J.M. Bertrand de Rixensart, ils font entrer le visiteur dans une sorte de récit illustré. Côté gauche, un ange invite saint Forannan à gagner la Vallis Decora avec ses douze compagnons afin d’y construire l’abbaye ; plus loin, le saint prêche l’Évangile dans les campagnes. On y aperçoit aussi le bon curé Carlier bénissant les enfants, tandis que saint Forannan guérit un malade. Côté droit, les peintures évoquent saint Materne évangélisant Waulsort à la fin du IIIe siècle, avec l’ancienne et l’actuelle église, ainsi que la procession de l’année mariale de 1944, où l’on reconnaît les sections de Freyr et de Lennes.  

Devant l’autel latéral dédié à Saint-Michel à la droite du chœur, Mme Jaumotte pointe la châsse : «  Ce reliquaire moderne en cuivre repoussé et argenté, réalisé par l’École d’art de Maredsous, renferme les reliques de plusieurs saints :  saint Forannan, évêque irlandais lié à l’histoire de l’abbaye, mais aussi saint Gérard de Brogne, saint Benoît, saint Eloque, saint Poppon, saint Ewald, saint Candide, saint Victor, saint Valère ou encore les vierges de Cologne ». L’église conserve ainsi la trace des pèlerinages qui furent si importants au Moyen Âge. Plusieurs pierres tombales rappellent également que notables et serviteurs de l’abbaye furent inhumés dans l’église même.  

Et puis il y a les cloches. L’une provient de l’ancienne abbatiale et porte encore le nom de Forannus. L’autre fut placée en 1949, en remplacement d’une cloche volée par les Allemands en 1943. Aujourd’hui encore, elles rythment la vie du village, marquant les heures, les fêtes et les deuils. Depuis 2001, un orgue à tuyaux des ateliers Verschueren accompagne aussi la prière et les célébrations. 

Les festivités des 950 ans 

Pour les 950 ans de son église,  le comité a prévu trois grands temps de réjouissances. Le vendredi 11 septembre à 20h, un concert réunira Florence Stache, musicienne et chanteuse lyrique spécialisée en musique ancienne, et Jean-Luc Lepage, organiste titulaire de la Collégiale de Dinant. Deux conférences suivront : le dimanche 20 septembre à 17h, Axel Tixhon, professeur à l’UNamur, évoquera les circonstances historiques de l’implantation d’un monastère à Waulsort et ses relations avec Hastière ; le vendredi 25 septembre à 19h30, Christian Pacco parlera de la construction de l’église Saint-Michel dans le contexte de la propagation du christianisme en pays mosan. Enfin, le dimanche 27 septembre à 15h, une messe jubilaire sera célébrée, présidée par le chanoine Van Cauwenberg, archiprêtre du diocèse, avec Jean-Luc Lepage à l’orgue et Patrice Colet à la trompe de chasse. Elle sera suivie d’un moment convivial. Des expositions sont également à découvrir https://waulsort.be/programme.html 

Que faire à proximité ?  

Depuis l’église Saint-Michel, la découverte de Waulsort peut se poursuivre à pied. Une boucle de randonnée permet de prendre un peu de hauteur sur le village et la vallée de la Meuse, entre bois, anciens chemins et points de vue sur ce paysage qui a façonné l’histoire du lieu. À quelques kilomètres, le château de Freÿr offre une autre halte patrimoniale majeure : ses jardins, ses terrasses et sa façade tournée vers le fleuve prolongent admirablement la visite de l’église. 

Christine Gosselin

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