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Auteur
Christine Bolinne Auteure
Date
2 avril 2026
Catégories
Pâques
Type
Mgr Lejeusne : « Nous sommes le corps du Christ, travaillons à son unité »
« Émouvant ». Un mot que cette paroissienne répètera à plusieurs reprises. Elle ne peut contenir son émotion en voyant cette longue procession entrer dans l’église Saint-Nicolas à Habay. Une procession imposante constituée d’acolytes, de diacres, de prêtres. Ils sont plus de 200 à emmener l’évêque vers le chœur de l’église où tous prendront place. Au cours de la messe chrismale, l’évêque bénira les saintes huiles avant qu’elles ne retournent dans les paroisses du diocèse. Ce dernier rappellera que cette bénédiction est importante, tout en précisant, dans son homélie : « Ce qui compte vraiment, c’est de laisser l’Esprit agir dans son Église. »
L’église Saint-Nicolas est comble pour cette messe chrismale. Pour Habay, c’est une première (lire par ailleurs). Le premier à prendre la parole est l’abbé Wenceslas Mungimur, doyen de ce grand doyenné de Gaume. Il saluera Mgr Lejeusne en relevant « la joie qui est la sienne, la jeunesse de son épiscopat et son dynamisme. » Il lancera un appel à une foi simple et exigeante redisant l’importance d’une Eglise qui sort de ses habitudes, d’une Eglise vivante qui se laisse renouveler. L’abbé Mungimur se voudra encourageant malgré qu’il y ait moins de prêtres, que les communautés soient dispersées invitant chacun à participer à la construction d’une véritable maison commune. « Tout commence par la prière pour une communauté vivante et accueillante. »
Avant que les prêtres ne renouvellent les promesses prononcées le jour de leur ordination et la bénédiction des saintes huiles, Mgr Lejeusne prononcera son homélie. Il demandera, à chacun, d’oser, de ne pas vivoter : « Plus que jamais, le monde a besoin que les chrétiens assument leur responsabilité. Que ce soit ici en Belgique, en prenant notre part dans la construction d’une société juste et fraternelle, en affirmant, même à contre-courant de la pensée dominante, que toute vie est un don de Dieu et que toute personne, quelle que soit son origine, sa situation personnelle, son état de santé, est aimée de Dieu. Et bien sûr, cette responsabilité s’étend à la situation du monde où nous sommes appelés à promouvoir, au milieu des bruits des canons, une paix désarmée et désarmante, à reprendre sans cesse ces mots du Christ : ‘ Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix’.
Qui a dit que d’être marqué du don de Dieu était de tout repos ? » Et de poursuivre : « Nous qui avons été marqués du Christ, nous ne pouvons, nous contenter de vivoter dans le monde, de ramer dans le sens du courant, de faire dans la mondanité qui consisterait à laisser croire que tout se vaut. Nous devons vivre de Jésus-Christ et l’annoncer. » Toujours dans son homélie, Mgr Lejeusne rappellera que nous sommes le corps du Christ. « Ce corps, nous devons travailler sans cesse à son unité ; c’est pour une part le sens des promesses de l’ordination renouvelées par les prêtres. C’est une part de la mission des diacres qui participent eux aussi à la mission de l’évêque, particulièrement à travers le service de la charité qui est indissociable de l’unité. J’appelle avec une insistance particulière à cette unité. C’est l’Esprit, là encore, qui est à l’œuvre, mais souvenons-nous de cet avertissement du Christ à ses disciples : ‘À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.’ et encore ‘Tout royaume divisé contre lui-même devient un désert ; toute ville ou maison divisée contre elle-même sera incapable de tenir.’ »
Les prêtres ont alors renouvelé leurs engagements, ceux du jour de leur ordination presbytérale. L’évêque demandant aux chrétiens de prier pour leurs prêtres et aussi leur évêque.
L’Esprit Saint
Une messe au cours de laquelle, l’Esprit Saint sera présent lors de la consécration du saint chrême à travers la prière dédiée. Dans son homélie déjà, l’évêque avait relevé : « C’est lui qui agit singulièrement au cœur de cette messe chrismale. C’est bien lui, à travers les saintes huiles que je vais bénir, pour soutenir les personnes malades et souffrantes. C’est lui qui agit dans le cœur de celles et ceux qui cheminent vers le sacrement du baptême pendant le temps du catéchuménat, lors duquel ils recevront cette huile qui porte leur nom et ainsi être mis dans les dispositions de lutter contre le mal et d’accueillir la grâce du don de Dieu. Enfin, c’est toujours ce même Esprit Saint qui agit en et par ceux qui en seront marqués de manière indélébile au jour de leur baptême, de leur confirmation, de leur ordination presbytérale et épiscopale. »
Des diacres remonteront la longue allée centrale de l’église en tenant les amphores. Trois amphores qui contiennent, après bénédiction, l’huile des malades. Une autre renfermant l’huile des catéchumènes. Et la dernière, la plus imposante, pour là encore après consécration par l’évêque, le saint chrême. A cette dernière huile, l’évêque ajoutera un baume, un parfum, mélangera et prononcera une longue prière à l’Esprit Saint. A l’issue de la messe, les amphores quitteront le devant de l’église pour une pièce où une équipe se chargera de la redistribution entre doyennés. Là, nouvelle répartition entre les prêtres cette fois.
Galerie Photos
C.B.
Photos : E.D. et E.VDB