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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

15 octobre 2026

Catégories

Enseignement
Evêque

Type

Actualités diocésaines

À Cortil-Wodon, la solidarité de toute une communauté fait grandir l’école

Sous un ciel pluvieux, il y avait foule, mardi soir, à l’école Saint-Martin de Cortil-Wodon pour inaugurer quatre nouvelles classes. L’aboutissement d’une aventure portée par une mobilisation exceptionnelle de toute une communauté. À l’heure où les restrictions budgétaires pèsent lourdement sur l’enseignement, cette réalisation se veut un beau modèle de solidarité et d’espérance.

« Des briques pour mon école » : le nom donné à l’opération résume bien l’esprit d’un projet longtemps rêvé par l’école Saint-Martin. « Il devenait urgent de remplacer les containers de chantier qui accueillaient encore une partie des enfants et d’offrir aux élèves comme à leurs enseignants des locaux adaptés » explique Dominique Ferir, présidente du PO de l’école.

L’occasion se présente avec le Plan pour la reprise et la résilience (PRR), qui ouvre l’accès à des financements européens pour les bâtiments scolaires. Mais le subside obtenu ne suffit pas. Après un long parcours administratif, il manque encore 100.000 euros pour que le projet puisse réellement voir le jour.

Plutôt que de renoncer, l’école choisit alors de faire de cette difficulté l’affaire de tous. Avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, l’opération « Des briques pour mon école » est lancée.

Quand toute une communauté se mobilise

La réponse dépasse toutes les espérances. Enfants, parents et grands-parents, anciens élèves, équipe éducative, associations, commerçants, habitants du village, entreprises locales et mécènes se mobilisent. Des initiatives et des partenariats voient spontanément le jour. Les enfants eux-mêmes deviennent les ambassadeurs du projet – les plus petits proposant même d’apporter de « vraies » briques pour aider leur école ! Et l’incroyable se produit : les 100.000 euros sont réunis.

Mais derrière cette réussite financière se cache surtout une aventure profondément collective. Le pouvoir organisateur, emmené par sa présidente, la directrice de l’école Maryse Heneffe et l’équipe éducative ont pu compter sur une communauté scolaire particulièrement engagée, mais aussi sur l’accompagnement de l’enseignement diocésain, du Codiec et du SeGEC, présents aux différentes étapes d’un dossier parfois complexe. C’est cette chaîne de solidarité que racontait aussi, mardi soir, le nombre impressionnant de personnes venues assister à l’inauguration.

Un modèle porteur d’espoir

Dans un contexte où les économies et les restrictions budgétaires compliquent toujours davantage les investissements dans l’enseignement, la réalisation de Saint-Martin prend une dimension particulière. Elle montre ce qui peut devenir possible lorsque financements publics, accompagnement institutionnel et mobilisation citoyenne se rencontrent autour d’un même objectif.

Présente pour l’occasion, Mme Degryse, ministre présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles a d’ailleurs souligné le caractère inspirant de l’initiative. L’expérience pourrait être partagée par l’intermédiaire des fédérations de pouvoirs organisateurs afin que d’autres écoles puissent, à leur tour, s’en inspirer.

Les quatre nouvelles classes ont aussi été pensées pour l’avenir. Panneaux solaires, pompe à chaleur et protections solaires permettront notamment de réduire très fortement leur consommation énergétique. Une attention particulière portée à la qualité des locaux dans lesquels les enfants vont désormais apprendre et grandir.

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »

Mgr Fabien Lejeusne a, lui aussi, insisté sur ce qui constitue sans doute la plus belle réussite du projet : avoir fédéré toute une communauté autour du bien-être et de l’accueil des enfants.

Quelques jours seulement après avoir présenté sa lettre pastorale autour de l’invitation « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement », l’évêque de Namur voyait dans cette réalisation une traduction très concrète de cet appel. Chacun a apporté quelque chose, selon ses possibilités, et c’est la mise en commun de ces énergies qui a permis au projet d’aboutir.

L’école affirme ainsi plus que jamais sa place au cœur du village, en relation avec les familles, l’équipe éducative, la petite enfance, les mouvements de jeunesse, la paroisse et tous ceux qui font vivre la communauté locale. Comme l’église, rappelait Mgr Lejeusne, elle constitue un lieu d’ancrage autour duquel peuvent se renouveler les liens et les collaborations.

Après les prises de parole, la petite-fille de Dominique Ferir a eu l’honneur de couper le traditionnel ruban. Mgr Lejeusne, accompagné du vicaire Jean-Claude Ngono, a ensuite béni les nouvelles classes. Avec ce rappel : bénir des locaux, ce n’est pas seulement bénir des murs, c’est « dire du bien et demander le bien pour toutes celles et ceux qui l’ont construit, qui le feront vivre et qui y grandiront ».

La soirée s’est achevée autour du verre de l’amitié. Plus que quatre nouvelles classes, Saint-Martin inaugurait ce soir-là le fruit d’une formidable aventure collective. Un modèle porteur d’espérance qui rappelle que l’entraide, l’engagement et l’espérance peuvent encore déplacer bien des murs.

Christine Gosselin

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