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Auteur

Christine Gosselin Auteure

Date

13 avril 2026

Catégories

Patrimoine
Pèlerinage
Tourisme

Type

Actualités diocésaines

À Chiny, la chapelle Notre-Dame de Luxembourg, Consolatrice des Affligés – Un sanctuaire né de la tourmente du XVIIe siècle, toujours vivant aujourd’hui

Érigée en l’honneur de Notre-Dame de Luxembourg, Consolatrice des Affligés, la chapelle de Chiny s’enracine dans une consécration solennelle prononcée en 1678, au cœur des guerres et des épidémies qui frappaient le Duché de Luxembourg et le Comté de Chiny. Reconstruite au XIXᵉ siècle dans un style néogothique, elle demeure un lieu de dévotion populaire et le centre d’une Octave célébrée chaque année.

La route qui mène au pont Saint-Nicolas s’ouvre sur un petit promontoire verdoyant. Là se dresse la chapelle Notre-Dame de Luxembourg, discrète mais élégante, profondément ancrée dans l’histoire régionale. C’est là que nous rejoignons Marcel Pierrard, organiste de la paroisse Sainte‑Walburge de Chiny (et de bien d’autres) tout particulièrement attaché à la chapelle construite sur un terrain donné par son arrièregrand-père et pour laquelle il s’est dépensé sans compter depuis de longues années.

D’emblée, M. Pierrard nous replonge dans le XVIIᵉ siècle : « En 1678, le pays est accablé par la guerre et la peste. On parle du “siècle de malheur”. Face aux calamités, les autorités religieuses et civiles des villes du Duché de Luxembourg et du Comté de Chiny consacrent solennellement la province à la Vierge Marie, choisie comme Dame et Patronne perpétuelle sous le vocable de Consolatrice des Affligés, explique-t-il. Un texte de consécration est approuvé à l’unanimité par le clergé et les magistrats des villes concernées. Il supplie la Vierge d’assister le peuple « au temps de guerre, peste et famine ». Cette dévotion n’est pas née à Chiny par hasard. Les Jésuites présents dans la cité depuis 1595, ont institué, dès 1678, l’Octave en l’honneur de Notre-Dame de Luxembourg. « L’Octave est toujours célébrée aujourd’hui », précise Monsieur Marcel Pierrard. À sa clôture, le clergé et les fidèles renouvellent l’acte de consécration prononcé il y a plus de trois siècles.

« Sainte Marie, Mère de Jésus, Consolatrice des Affligés, Nous, les trois Etats du Pays, Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, avec tous les habitants du dit Pays, Vous choisissons pour dame et patronne perpétuelle de toute la Province et professons fermement de Vous honorer toujours pour telle. Ce pourquoi, nous Vous supplions très humblement de nous recevoir dans votre Protection et de nous assister au temps de guerre, peste et famine et en toutes nos nécessités et adversités. »

Monsieur Pierrard évoque ensuite l’ancienne chapelle du XVIIᵉ siècle, située hors des murs de la cité, face à l’édifice actuel. Modeste, entourée de sapins, accessible par quelques marches et fermée par une porte grillagée, elle abritait un autel en bois, une statue de la Vierge tenant un sceptre doré, des couronnes d’argent, des voiles brodés, des robes de soie bleu ciel ou d’argent, des chandeliers et un brancard pour les processions. « La piété populaire s’exprimait avec simplicité mais avec une grande ferveur », souligne Monsieur Marcel Pierrard en citant l’inventaire dressé en 1854.

La chapelle que nous découvrons aujourd’hui date de la fin du XIXᵉ siècle. Dès son arrivée à Chiny, l’abbé Jacquemin a souhaité offrir un sanctuaire plus digne à la Consolatrice. Après plusieurs démarches, le projet aboutit sur un terrain offert par Jean-Baptiste Pierrard, arrière-grand-père de notre guide. L’entrepreneur Jacques Lavigne construit l’édifice sur les plans de l’architecte Peel de Gand. « Elle a coûté un peu plus de trois mille francs », précise notre guide. La chapelle est consacrée en mai 1888.

En pénétrant à l’intérieur, la lumière des vitraux colore l’espace d’une douceur recueillie. Les trois vitraux du chœur, réalisés par la maison Javaux-Gérard de Liège, attirent d’abord le regard. Au centre, Notre-Dame se penche vers les enfants mort-nés, selon la tradition d’Avioth, à la recherche d’un signe de vie permettant de leur offrir des funérailles chrétiennes. À gauche, Marie remet le Rosaire à saint Dominique ; à droite, elle se tourne vers saint Jean Bosco, qui l’invoquait sous le vocable d’Auxiliatrice des Chrétiens. En avançant dans la nef, Monsieur Marcel Pierrard désigne les autres verrières. Deux d’entre elles représentent sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et sainte Thérèse d’Avila. Un vitrail plus récent, installé en 1982, illustre la charité de Mère Teresa de Calcutta. Au-dessus du porche d’entrée figure une reproduction fidèle de Notre-Dame de Luxembourg avec ses trois chaînes, œuvre d’Émile Probst de Bruxelles. « La chapelle témoigne ainsi d’une dévotion qui traverse les siècles et s’ouvre aux figures spirituelles contemporaines », explique notre guide.

L’autel en marbre de Carrare, provient du couvent des frères Alexiens de Bruxelles. Il occupe le centre du chœur où il impose sa blancheur lumineuse. Au-dessus trône un Christ ancien en bois, doré à l’or fin. Autour, plusieurs statues en ciment représentent sainte Gertrude, sainte Marie-Madeleine, saint Jean et saint Benoît. Deux grandes statues en plâtre figurent saint Joseph et saint Christophe. Dans la crypte, sous le sanctuaire, une Descente de Croix rappelle Notre-Dame des Douleurs.

Chaque année, l’Octave rassemble encore les fidèles. Le dimanche 10 mai, Mgr Fabien Lejeusne présidera la messe solennelle de clôture à 10h30, entouré des prêtres de l’Unité pastorale des Saints Apôtres de Chiny-Florenville. Après la bénédiction du Saint Sacrement, tous les participants sont invités à prendre l’apéritif à la Maison de Village de Chiny située face à l’église. Ensuite, ceux qui le souhaitent pourront prendre le repas sur place. (Les inscriptions sont obligatoires)

Christine Gosselin

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