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Auteur
Christine Gosselin Auteure
Date
7 juillet 2026
Catégories
Patrimoine
Tourisme
Type
À Stockem, Sainte-Walburge retrouve vie
Trois ans après l’incendie du 16 juillet 2022, qui avait gravement endommagé l’édifice et provoqué l’effondrement d’une partie de la voûte, l’église Sainte-Walburge de Stockem a rouvert ses portes. Une renaissance attendue, fruit d’un chantier d’envergure et d’une mobilisation collective remarquable.

« Dès les premières heures qui ont suivi le sinistre, la volonté de reconstruire s’est imposée » explique le père Lambert, prêtre prémontré de l’Unité Pastorale NotreDame d’Arlon (UPNDA). Soutenue par les assurances, la restauration – estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros – a mobilisé de nombreux corps de métier, mais aussi une large solidarité locale. Bénévoles, artisans et autorités ont contribué à redonner vie à un lieu central dans la vie du village.
Dans une perspective pastorale et communautaire, l’espace a été repensé pour être plus ouvert et polyvalent. La disparition des anciens bancs au profit de chaises, la pose d’un sol unifié et l’organisation d’une meilleure circulation facilitent l’accueil, outre les célébrations, d’activités culturelles et de rassemblements locaux. « La disposition d’un vaste parking juste à côté de l’église et la proximité de la sortie d’autoroute en facilitent encore l’accès » souligne Jean-Louis Gofflot, trésorier de la Fabrique d’église.
Durant les travaux, les paroissiens avaient pris l’habitude de se réunir pour les offices à la salle Familia. S’ils sont heureux de réinvestir leur église, ils ont néanmoins apprécié la proximité de la petite salle. « On avait l’impression de former davantage communauté en étant plus proches les uns des autres », explique Monsieur Gofflot. « Nous avons donc pris le parti de retourner certaines chaises pour garder cette proximité autour du chœur. »
Car derrière les pierres restaurées, c’est aussi une petite communauté chrétienne bien vivante qui continue à faire vivre les lieux. Très active dans le village, elle veille notamment à accueillir chaleureusement les réfugiés hébergés dans le centre Fedasil tout proche, qui participent régulièrement à la vie de la paroisse et aux célébrations.
Un lieu plus lumineux, habité à nouveau par la prière… et la musique, grâce à l’installation d’un nouvel orgue lui aussi restauré. « Le vieil orgue couvert de suie était irrécupérable, confie le père Lambert Kinakuyo. Nous en avons acheté un nouveau venant des Pays-Bas. Le chanoine Rochette l’a “réveillé”, selon la tradition, lors de l’inauguration de l’édifice restauré. »
Une œuvre contemporaine au cœur du chœur
Mais l’un des éléments les plus marquants de cette renaissance est sans conteste l’intégration d’une œuvre contemporaine dans le chœur. Réalisée par l’artiste Valérie Doat (voir page suivante), cette peinture monumentale – près de 2,5 mètres de côté – attire immédiatement le regard.
Sa composition, faite de rayonnements colorés, évoque la lumière qui traverse les vitraux et touche les vies humaines. Placée derrière l’autel, l’œuvre dialogue avec un Christ suspendu, créant un ensemble visuel fort qui invite à la contemplation. Dans un lieu marqué par les flammes, cette peinture apparaît comme un signe de relèvement, une réponse artistique à l’épreuve traversée.
L’église de Stockem, construite au XIXe siècle et profondément liée à la vie du village, n’est plus tout à fait la même. Elle porte désormais les traces d’une histoire récente douloureuse, mais aussi d’un renouveau porté par la foi et l’engagement collectif, tout en restant pleinement inscrite dans son temps. Comme le souligne le père Lambert, il ne s’agissait pas seulement de restaurer un bâtiment, mais bien de « redonner vie » à un lieu.
Christine Gosselin