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Auteur
Christine Gosselin Auteure
Date
8 septembre 2026
Catégories
Namur
Type
Le Grand Séminaire fait sa rentrée face aux défis d’aujourd’hui
L’auditoire était plein ce lundi 7 septembre pour la rentrée académique du Grand Séminaire francophone de Belgique. Une rentrée marquée par le soleil – il faisait très chaud – la présence de nombreux professeurs, familles et amis du Séminaire et une question très actuelle : comment former et annoncer l’Évangile dans un monde en pleine mutation ? Après le mot d’accueil du recteur, l’abbé Joël Spronck, le professeur Dominique Lambert a consacré la première leçon académique à « L’espérance chrétienne à l’ère des technosciences ». Une réflexion qui fait étonnamment écho aux défis de la formation des futurs prêtres.
À 16h, l’abbé Joël Spronck ouvrait cette nouvelle année en souhaitant la bienvenue aux séminaristes, étudiants, professeurs et partenaires du Studium. Parmi eux, l’Institut diocésain de Formation, Lumen Vitae, l’UNamur et l’UCLouvain. Cette rentrée est aussi l’occasion de prendre le pouls du Grand Séminaire. Pour l’année 2026-2027, 42 hommes se forment en philosophie et en théologie en vue du sacerdoce. Ils viennent d’horizons très divers : 14 sont rattachés au Grand Séminaire francophone de Belgique, 7 au séminaire Redemptoris Mater, 7 à la Maison Saint-Joseph de la Communauté de l’Emmanuel et 14 sont religieux. Augustins, bénédictins, barnabites, prémontrés, mais aussi jeunes issus des Églises maronite et syriaque catholique se côtoient ainsi sur les bancs du Studium.
Des jeunes en quête de sens
Un chiffre retient particulièrement l’attention du recteur : parmi les 14 jeunes du Grand Séminaire, cinq commencent leur année de propédeutique et ont entre 18 et 22 ans. Pour l’abbé Joël Spronck, leur jeunesse constitue un « signe d’espérance », révélateur de cette « soif de sens, de spiritualité, de Dieu » qui habite aussi une partie de la jeune génération.
Un constat qui ouvre une question plus large. La formation proposée dans les diocèses est aujourd’hui principalement destinée aux futurs prêtres et diacres, agents pastoraux et professeurs de religion. Mais comment répondre également aux jeunes néophytes et catéchumènes qui souhaitent aller plus loin ? Le recteur lance l’idée de formations philosophiques et théologiques pensées spécifiquement pour eux, dans un format adapté et hors des cursus certificatifs habituels.
Former ne consiste d’ailleurs pas seulement à accumuler des connaissances. Reprenant une lettre du pape Léon XIV aux séminaristes de Trujillo, au Pérou, l’abbé Joël Spronck rappelle le lien indispensable entre vie intellectuelle et vie spirituelle. L’étude doit permettre à la foi de devenir solide et capable d’éclairer les autres. Prière et recherche de la vérité ne s’opposent pas : elles se nourrissent mutuellement au service de la mission.
L’humain face à l’intelligence artificielle
Une réflexion qui trouve un prolongement très contemporain dans la première leçon académique donnée par le Pr Dominique Lambert : « L’espérance chrétienne à l’ère des technosciences ». Intelligence artificielle et robots doivent-ils nous faire craindre un monde où l’être humain deviendrait progressivement inutile ? Sa réponse refuse à la fois la peur et la fascination. L’Église, souligne-t-il, n’est pas technophobe : la technologie peut prolonger les capacités humaines et apporter de réels progrès. Mais elle demande un discernement sur la manière dont ces outils sont conçus et utilisés.
Le véritable enjeu est donc de remettre l’être humain au cœur de la technologie : sa dignité, ses limites, ses relations avec les autres, avec la création et avec Dieu. Tout n’est pas calculable et tout ne peut être confié à un algorithme. Une machine peut simuler bien des choses, mais elle ne remplace ni un visage, ni une voix, ni cette relation incarnée qui permet d’accueillir réellement l’autre.
Pour Dominique Lambert, c’est précisément là que peut renaître l’espérance : « N’ayons pas peur de notre humanité, elle est magnifique. » Face à une technologie toujours plus présente, il s’agit moins de renoncer aux outils que de continuer à croire dans les capacités propres de l’être humain, sa créativité, sa vulnérabilité et sa liberté.
Après la présentation des cours par les directeurs des sections de philosophie et de théologie, la soirée s’est poursuivie par une belle messe de rentrée présidée par Mgr Luc Terlinden, avant le traditionnel buffet de début d’année qui a réuni dans la bonne humeur et la joie des retrouvailles tous les proches du Studium.
Christine Gosselin