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Dans la revue diocésaine Communications, l’abbé Bruno Robberechts, doyen de Leuze, propose chaque mois une sélection de quelques livres sortis récemment. Vous trouverez ci-dessous les dernières recensions publiées… Les livres présentés dans cette rubrique sont en vente dans les deux librairies CDD du diocèse à Arlon et à Namur ainsi que sur leur site web.
Comment retrouver le goût de Dieu dans un monde qui l’a chassé ?
Red DREHER, Comment retrouver le goût de Dieu dans un monde qui l’a chassé ? Artège, Paris, 2025, 279 p.
Dans un monde qui ne laisse guère de place à Dieu, la société se trouve souvent blasée et les per sonnes piégées dans des illusions. Rod Dreher, journaliste, affirme notre capacité à être cocréateurs de notre réalité : la manière dont nous regardons le monde façonne ce qui devient réel pour nous. La modernité a désenchanté le monde, apportant un certain progrès, mais au prix d’un appauvrissement spirituel et de la prétention à tout savoir et tout contrôler. Les témoignages rassemblés ici invitent à retrouver l’émerveillement, à reconnaître la profondeur de la vie, voire des miracles, au-delà des évidences. Les technologies, et notamment Internet, peuvent être une « machine à désenchanter » qui nous enferme en nous-mêmes. L’auteur appelle à réveiller la liberté intérieure, à discerner des signes de Dieu au cœur même des horreurs contemporaines, à les lire avec les yeux de la foi, de l’espérance et de la charité pour raviver la vie spirituelle.
Bidouille et Chimène. Vivre dans une école catholique octobre 1945 – juillet 1952
Alain CORBIN, Bidouille et Chimène. Vivre dans une école catholique octobre 1945 – juillet 1952, Récit personnel, Fayard, 2025, 118 p.
Alain Corbin, historien reconnu, propose ici un voyage dans sa propre mémoire. En racontant ses années dans une école catholique française de l’après-guerre, il dresse le portrait de ses professeurs, décrit l’organisation de l’établissement, la rudesse de l’internat et ce que cette vie forgeait chez les jeunes. On découvre un monde où la dimension religieuse imprègne fortement le quotidien, et où des enseignants passionnés transmettent le goût du savoir et façonnent les intelligences et les cœurs, plus ou moins prêts à recevoir cet héritage. Ce récit donne à voir une forme d’enseignement qui contraste fortement avec celle d’aujourd’hui, au point d’apparaître comme relevant d’une autre époque, mieux comprise quand on en mesure l’ancrage religieux.
L’écran, l’icône et le miroir. Chercher Dieu dans un quotidien technologique
Jean-Benoît RAUSCHER, L’écran, l’icône et le miroir. Chercher Dieu dans un quotidien technologique, Desclée de Brouwer, Paris, 2025, 175 p.
Depuis le début du 21e siècle, le numérique transforme profondément nos modes de vie et nos relations. L’auteur ne disqualifie pas ces technologies, mais propose, à partir de la spiritualité chrétienne, de la Bible et des Pères de l’Église, un discernement sur leurs usages. Les nouvelles manières d’être en relation, de connaître, de vivre l’espace et le temps invitent les croyants à ne pas se réfugier dans une culture chrétienne hors-sol. Les technologies sont opaques, mais leurs avantages nous font oublier cette opacité. Se référer à la Tradition rappelle que le chrétien est à la fois de ce monde et étranger à ce monde. En méditant sur les écrans, l’auteur invite à redécouvrir les icônes et leur lumière qui convertit le regard et l’agir. Les écrans de nos téléphones peuvent ainsi devenir des miroirs pour repenser notre foi et ajuster nos choix de vie.
Éloge spirituel de l’attention
Robert DEDECKER, Éloge spirituel de l’attention, Artège, Paris, 2025,147 p.
Si l’attention est salutaire pour l’âme, Robert Dedecker n’en fait pas une démonstration abstraite : il plonge le lecteur dans une vie attentive en ouvrant des « fenêtres » sur ses fruits spirituels. Certaines formes d’attention restent purement pragmatiques, comme celle qui évite les dangers au volant, ou captives, comme celle happée par les écrans, proche d’un mythe de la caverne contemporain où la quête de vérité est dévoyée. L’attention scientifique, elle, cherche à maîtriser ce qui étonne. Mais l’attention devient éthique lorsqu’elle éveille au respect d’autrui, et spirituelle lorsqu’elle ouvre à la sagesse, à une « troisième vie » reliant le biologique et l’intellectuel. Cela suppose de remettre l’ego à sa juste place pour laisser émerger une liberté intérieure nourrie par la méditation, la poésie et la prière.
Tous hérétiques ? Sur l’actualité des quelques débats chrétiens
Denis MOREAU, Tous hérétiques ? Sur l’actualité des quelques débats chrétiens, Seuil, Paris, 2025, 320 p.
Dans un monde pluraliste, on mesure mal combien les positions prises par le magistère au fil des siècles peuvent encore éclairer nos choix et notre désir de vérité. Les conciles ont arbitré de grands débats pour préserver une foi dite orthodoxe. Denis Moreau, en philosophe, montre avec clarté que les doctrines autrefois condamnées – marcionisme, pélagianisme, gnosticisme… – se retrouvent parfois, déguisées, dans les motivations contemporaines. Comprendre la logique de la tradition catholique et ses anathèmes, souvent prononcés dans des contextes de confusion, aide à mieux situer nos propres positions. Plutôt que d’inviter le lecteur à juger les hérétiques d’aujourd’hui, Moreau fait goûter la dynamique créatrice de la foi et montre combien cette tradition de pensée éclaire encore de nombreux débats actuels.
L’ange, souffle de l’invisible
Daniel MARGUERAT, L’ange, souffle de l’invisible, Cabédita, 2025, Bière/Divonne-les-Bains, 196 p.
On peut réfléchir à l’existence des anges, mais l’essentiel relève du spirituel plutôt que d’une approche purement rationnelle. Il s’agit de dépasser à la fois le scepticisme et l’angélisme naïf qui nierait la part de l’action humaine. Médiateurs entre Dieu et l’homme, les anges témoignent d’une vision particulière de la réalité, comme une quatrième dimension des relations. Avec pédagogie, Daniel Marguerat montre comment ces messagers de l’impossible viennent bousculer notre savoir humain pour ouvrir un autre accès au mystère, de l’annonciation à la résurrection, où leur présence cautionne le message divin. L’ouvrage explore les cultures et la visibilité symbolique des anges, des anges gardiens aux grandes scènes bibliques, sans oublier Satan, l’ange déchu. Ce monde invisible nous fait percevoir comment Dieu nous frôle par son souffle.
Lire pour vivre. Soixante lectures de textes évangéliques, Volume 3.
André FOSSION, Jean-Paul LAURENT, Lire pour vivre. Soixante lectures de textes évangéliques, Volume 3, André Fossion/ Le livre en papier, www.publier-un-livre.com, 2025, 291 p. w Abbé B
En ouvrant les évangiles, comme y invitent les soixante récits choisis dans cet ouvrage, c’est découvrir sans tarder combien Jésus est aux prises avec la souffrance des gens qui demandent son secours. Les textes révèlent de lui une extrême sensibilité à toutes les souffrances et la volonté de les soulager. Le projet de Dieu, c’est de délivrer de la mort. Les textes de guérison laissent déjà entrevoir en filigrane la victoire sur la mort elle-même. L’éclairage présenté prend en compte l’environnement culturel des chrétiens d’aujourd’hui et les questions qu’il pose. Le ton contribue à ouvrir un dialogue entre Dieu et le lecteur. Chaque extrait présenté ici peut devenir une nouvelle page d’un cinquième évangile rédigé par le lecteur dans sa chair sous l’inspiration de l’Esprit. C’est le souhait des auteurs qui espèrent que ce livre guidera vers davantage de foi, d’espérance et d’amour.
La terre brûle. Mille ans d’histoire
Sunil ARMITH, La terre brûle. Mille ans d’histoire, traduction par Bruno Boudard, Albin Michel, Paris, 2025, 432 p.
Peut-on raconter l’histoire humaine sans y intégrer la justice environnementale ? L’auteur, historien reconnu, montre qu’une relecture sensible à la durabilité éclaire notre rapport à la nature et révèle les excès et aveuglements liés à son exploitation. À travers les siècles, l’humanité a profondément remodelé la planète, portée par une avidité qui impose aujourd’hui ses limites. Cette histoire globale met en lumière les inégalités entre ceux qui se sont donné des libertés en exploitant les ressources et ceux qui ont subi les conséquences. Le rêve d’autonomie, fondé sur la domination de la nature, s’est souvent construit en ignorant ses coûts, notamment l’usage massif des énergies fossiles et leurs impacts. L’ouvrage propose ainsi une vaste réflexion sur le rapport entre développement, responsabilité et biens communs. En relisant l’histoire à la lumière de la crise écologique actuelle, il invite à imaginer d’autres voies, fondées sur le partage, la sobriété et le respect de ce qui fait vivre ensemble.
Auprès de la source. Poésies
Géry VAN DESSEL, Auprès de la source. Poésies, Saint Léger Editions, Coudray Macouard, 2025, 86 p.
La métaphore de la source est riche pour la vie spirituelle même avant de parler de spiritualité. Et on tient ici un exemple pour montrer comment la poésie peut faire parler cette image. Source à trouver en soi ou bien source extérieure qui dit l’importance d’une altérité bienfaisante, la source présente dans ces vers fait sonner les mots et rejoint l’âme qui désire, qui a soif de paix, de joie, de sens. La source fait s’imaginer près de l’eau vive et suscite comme une perception de fraîcheur, elle peut ainsi appeler l’esprit pour l’inspirer, l’éclairer, le vivifier. Les poésies de Géry Van Dessel proposent ainsi de se laisser bercer par un chant plein de fraîcheur et de vie.
Que ma vie soit prière
Thomas BELLEIL, Que ma vie soit prière, CERF, Paris, 2025, 191 p.
L'auteur montre qu’il est possible pour tout chrétien, et pas seulement pour les contemplatifs, de répondre à l’invitation de saint Paul à « prier sans cesse ». Cette prière continuelle ne consiste pas à fuir nos émotions, mais à les transformer en prière. Jésus se rend présent en toute circonstance, et le péché consiste justement à oublier cette présence. S’appuyant sur l’héritage des moines et mystiques, Belleil rappelle que leur exemple n’est pas réservé à des figures exceptionnelles, mais qu’il éclaire le chemin de chacun vers un accueil constant de Dieu. Prier sans cesse, c’est aimer : l’amour et la proximité de Jésus en sont le cœur. Cette attention à la présence du Seigneur ne renferme pas sur soi, mais ouvre à un véritable amour du prochain. Le « contempl-actif » vit ainsi de la charité divine qu’il reçoit dans la prière pour mieux la partager.