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Dans la revue diocésaine Communications, l’abbé Bruno Robberechts, doyen de Leuze, propose chaque mois une sélection de quelques livres sortis récemment. Vous trouverez ci-dessous les dernières recensions publiées… Les livres présentés dans cette rubrique sont en vente dans les deux librairies CDD du diocèse à Arlon et à Namur ainsi que sur leur site web.
Alice au pays des idées. Comment vivre ?
Roger POL-DROIT, Alice au pays des Idées. Comment vivre ? Un lumineux roman pour découvrir la philosophie, Albin Michel, Paris, 2025, 448 p.
À mi-chemin entre Alice au pays des merveilles et Le Monde de Sophie, ce récit nous embarque dans un voyage captivant à travers les époques, de l’Antiquité à nos jours. Guidée par une jeune fille en quête de sens, l’histoire explore le pays des idées, entre crise climatique et questionnements existentiels. Alice est accompagnée de compagnons singuliers : une souris folle et une souris sage, un kangourou érudit et la fée Objection, qui éveille son esprit critique. Elle dialogue avec des figures majeures de la pensée, de Socrate à Confucius, des Hébreux à Rousseau et Voltaire, en passant par Hypatie et Louise Dupin, jusqu’aux courants contemporains. Chaque rencontre éclaire un moment clé de l’histoire des idées. Le dénouement, aussi inattendu que subtil, offre une réponse nuancée à la question : Comment vivre ? Composé de chapitres courts et rythmés, ce livre accessible et stimulant se lit avec plaisir et mérite d’être partagé largement. Véronique Soblet
La vie meilleure
Etienne KERN, La vie meilleure, Gallimard, Paris, 2025, 187 p.
Ce n’est pas l’exposé de la méthode Coué, la maîtrise de soi par l’autosuggestion consciente. C’est l’histoire d’une personne, son inventeur, le pharmacien Émile Coué. Dans un roman au style toujours vivant, l’auteur nous rend sympathique celui qui a voulu aider, soigner, guérir. Émile Coué comptait sur le pouvoir de l’imagination. Et sans doute, l’inconscient s’en mêlait. D’autres utilisaient l’hypnose mais sa méthode était plus ordinaire. Si la méthode Coué comme telle n’est pratiquement plus employée, si certaines situations font sourire de l’autosuggestion, il reste à retenir quelque chose d’une attitude qui veut voir le positif et la confiance en la vie. Dans une situation personnelle douloureuse, l’attitude de Coué dans une chapelle fait dire qu’il ne croyait pas aux miracles. Mais à ceux qui imaginent toujours le pire, il donne l’idée d’imaginer le meilleur. Au moins s’y essayer.
Vivre avec nos fragilités. Chemin de guérison intérieure
Diego ARFUCH, Vivre avec nos fragilités. Chemin de guérison intérieure, Nouvelle Cité, Paris, 2024, 128 p.
Accompagner sur le chemin du pardon et de l'acceptation de sa propre vie, tel est l'objectif de ce petit livre au langage méditatif. La vie n’est pas ce que nous attendions ? Ces réflexions simples et directes, ancrées dans l'expérience concrète, touchent à des réalités fondamentales de notre vie et de notre foi chrétienne. De manière simple et directe, l’auteur propose quelques voies pour accepter les faiblesses. Vivre avec elles et non malgré elles. C’est le paradoxe de la faiblesse de l’homme et de la force que Dieu accorde pour que plus on s’ouvre à sa miséricorde, plus on expérimente sa force. les fragilités sont un lieu théologique : Dieu nous y parle.
Vallée du silicium
Alain DAMASIO, Vallée du silicium, Seuil, Paris, 2024, 336 p.
Auteur de science-fiction, Damasio se dit mythopoète. À travers ce genre, il cherche à offrir des récits pour se réapproprier notre humanité. Mais que signifie encore l’humanité, son incarnation, quand les outils numériques la transforment en profondeur, souvent à notre insu ? Il enquête auprès des figures de la Silicon Valley, qu’il appelle des mythocrates. Leur récit promet une évasion de la condition humaine, tout en instaurant l’addiction et la dépendance à des interfaces toujours plus personnalisées. Quand votre lien au monde devient un robot conversationnel qui vous connaît mieux que quiconque, c’est l’altérité elle-même qui risque de disparaître. Que devient le monde avec des hommes ainsi reformatés ? À ceux qui n’ont pas encore perçu l’ampleur du bouleversement, voici une alerte : restons vigilants pour ne pas céder à la tentation du transhumain, et préserver ce qui fait notre pleine humanité
Osons l’espérance
Soeur Marie-Emmanuel VAN DEN BROEK, Osons l’espérance, Salvator, Paris, 2025, 212 p.
Soeur apostolique de saint Jean, Soeur Marie-Emmanuel a animé des émissions sur Radio-Maria, et les pages de ce livre en sont une transcription retravaillée. De la notion à la vertu, sur l’espérance, on est amené à se mettre à l’écoute de la parole de Dieu quand la Bible nous l’enseigne. Depuis les textes prophétiques, avec en particulier l’annonce d‘un Messie pour un peuple, voilà que dans le Nouveau Testament, l’attente se recentre sur la personne du Christ qui accomplit la promesse. À sa suite, la mission du chrétien est de transmettre l’espérance. Il y est appelé par le baptême. Il est essentiel de la nourrir par ce qui la soutient. Pour aider en ce sens, le livre démasque les ennemis de l’espérance et permet de mieux la recevoir. L’espérance est un don qui permet de répondre à notre vocation d’enfant de Dieu. Cet appel ouvre à la vie éternelle ; progresser est un chemin qui suppose de veiller à rester proche de Dieu, à accorder notre vie à sa volonté. Ce qui nous fait vivre de sa vie.
Espérer. La violence, l’histoire, le bonheur
François-Xavier BELLAMY, Espérer. La violence, l’histoire, le bonheur. Litos Essais, Paris, 2024, 179 p.
Ce n’est pas la vertu théologale « espérance » qui est visée dans ces essais philosophiques, mais la contextualisation politique et les repères philosophiques permettront de se garder d’une espérance qui serait illusoire et faussement optimiste. L’espérance ouvre l’avenir de même que le pardon peut changer le passé : sans qu’il ne faille trouver une raison. Le regard spirituel qui s’ouvre doit toutefois composer avec la présence de la violence quand un dessein politique s’empare de celle-ci. Y a-t-il place pour l’espérance quand le rêve d’un monde sans guerre est déçu ? Quand l’histoire où l’on voudrait constater un progrès montre encore et encore les difficultés des hommes à vivre ensemble ? Ou encore quand le désir du bonheur peut laisser place à une déception continuelle pour ne pas pouvoir apprécier suffisamment ce que l’on a déjà. Pour ces trois axes de prospection sur l’espérance, l’homme politique se sera montré excellent professeur de philosophie à l’occasion de conférences très agréables à suivre et dont ce livre reprend les textes.
Mission Transmission, Un mot peut en cacher un autre
Brunor, Mission Transmission, Un mot peut en cacher un autre, Brunor Editions, 2024, 49 p.
Brunor, fidèle à sa mission d’évangéliser et de partager sa foi avec le plus grand nombre, propose avec cette nouvelle bande dessinée une manière de dépasser certains arguments qui peuvent arrêter un dialogue entre raison et foi, entre l’observation scientifique de la vie et l’ouverture par la révélation à un donné qui dépasse les propos de la science. Dépasser le matérialisme, goûter les subtilités d’une langue comme l’hébreu quand les traductions n’ont pas bien rendu la pertinence de la vision biblique de l’homme, ou tout simplement se laisser entraîner comme dans une enquête à la recherche d’indices qui font parler de Dieu pour qu’on se mette à son écoute : autant d’invitations lancées par ce nouvel album dans sa série des « Indices pensables».
Éloge des vertus minuscules
Marina VAN ZUYLEN, Éloge des vertus minuscules, traduit de l’anglais par Clotilde Meyer, Flammarion, Paris, 2023, 254 p
Marina Van Zuylen invite à revoir notre regard sur les autres et sur nous-mêmes. Faut-il ne valoriser que l’exceptionnel, l’accomplissement sans obstacle ? L’idéal nous égare et nous empêche d’apprécier ce qui est simplement « assez bien ». En s’affranchissant de l’ambition et des rivalités, on retrouve un intérêt sincère pour des vies sinueuses, avec leurs échecs et rebondissements. Hors d’une quête illusoire de perfection, une imagination bienveillante émerge, libérée des stéréotypes. Comme le suggère Levinas, regarder un visage, c’est suspendre son jugement. Van Zuylen relaie ainsi l’invitation des auteurs à découvrir la beauté de vies ordinaires, marquées par la patience, la contemplation et la bienveillance.
Petite Sagesse élémentaire. Le réalisme de la foi
Gérard SIEGWALT, Petite Sagesse élémentaire. Le réalisme de la foi, Cerf, (Patrimoines), Paris, 2024, 171 p
La foi peut être une source de sagesse en éclairant l’expérience humaine et en l’inscrivant dans un espace de liberté. L’auteur, ancien professeur à la faculté protestante de Strasbourg, montre comment le christianisme repose sur un réalisme de la foi, qui donne sens au réel plutôt que de s’en détacher. Ce défi se pose aujourd’hui dans un monde marqué par la modernité et l’intelligence artificielle, où il s’agit de préserver une place pour la transcendance et la vocation humaine. Insistant sur la patience dans le cheminement spirituel, Siegwalt articule la foi à ce qui ouvre et accomplit l’existence.
Éloge spirituel de la tendresse
Odile HAUMONTE, Eloge de la tendresse, Artège, Paris, 2023, 147 p
Bien des obstacles nous empêchent de manifester à nos proches, par la tendresse, un débordement de l’amour que Dieu nous donne. Il y a ce que nous devons faire pour les autres, mais il y a un surcroît de bienveillance qui relève d’un style de vie qui a dépassé des freins à l’expression d’une bonté, qu’humblement, discrètement, nous pouvons témoigner aux autres. Ainsi, l’amour rend courageux, fait dépasser la peur. La tendresse dénonce aussi un endurcissement du cœur : elle fait voir que la violence peut parfois se fabriquer de fausses raisons. Il y a encore l’orgueil qui dit bien souvent en négatif l’importance de l’humilité. L’ouvrage fait valoir dans différents milieux comme la famille et les lieux d’Église, l’importance irremplaçable de la tendresse. De quoi demander avec insistance l’Esprit-Saint qui pourra allumer en nous un rayonnement qui dise la tendresse de Dieu.